La desserte de Marne la Vallée

La constitution d’une ville nouvelle à l’est de Paris, au-delà de Noisy le Grand, était décidée dans le SDAURP. Afin de la desservir et d’organiser son développement avec des moyens de transports efficaces, la RATP fut chargée de construire une ligne nouvelle, se débranchant de la ligne de Boissy entre Vincennes et Fontenay sous Bois. Elle devait desservir le quartier du Val de Fontenay, Neuilly Plaisance, Bry sur Marne, Noisy le Grand, Noisiel, Lognes et Torcy. Combinant tunnels, viaducs, tranchées et remblais afin de s’insérer dans une banlieue densément construite jusqu’à Noisy le Grand, elle fut d’abord mise en service jusqu’à Noisy le Grand Mont d’Est le 9 décembre 1977, en même temps que la jonction Auber – Nation.

Le 19 décembre 1980, la ligne était prolongée à Torcy. Compte tenu de l’urbanisation encore modeste, la RATP exploita dans les premiers mois cette extension en navette depuis Noisy le Grand, avant de prolonger une partie du service venant de l’ouest à raison de 6 trains par heure.

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Neuilly Plaisance - 24 mars 2012 - La branche de Marne la Vallée doit composer avec un territoire déjà densément bâti sur la section comprise entre Vincennes et Noisy le Grand, d'où le recours à plusieurs viaducs, dont celui de Neuilly Plaisanc sur lequel est érigé la station. Ce train assuré en MI84 se dirige vers Paris © transportparis

Cette branche devait être prolongée le 1er avril 1992 de Torcy à Chessy, afin de desservir le parc Disneyland, et d’anticiper la correspondance avec la jonction des lignes TGV Nord et Sud-Est ouverte deux ans plus tard. Entre temps, la desserte devait significativement augmenter avec 6 trains par heure pour Chessy, 6 pour Torcy et 6 pour Noisy le Grand.

L’augmentation de capacité avec SACEM

Le RER A connut immédiatement un succès au-delà de toutes les prévisions de trafic. Entre Châtelet Les Halles et Auber, on comptait 27100 voyageurs par heure et par sens en 1978, et 54000 dix ans plus tard pour une capacité en ligne de 44 000 places par heure et par sens. La charge des MS61 dépassait les 5 voyageurs par m². La branche de Marne la Vallée dépassait elle aussi les prévisions de trafic avec plus de 20 000 voyageurs par heure dès 1984  pour 15 000 prévus. L’ouverture de la branche de Torcy se fit dans des conditions difficiles puisque les MS61 circulant sur le RER B ne purent être transférés sur le RER A du fait des problèmes de fiabilité des MI79.

A l'hiver 1984, 38% du parc MS61 était hors service en raison de problèmes de moteurs et de corrosion, résultat d'une exploitation très intensive. La RATP stoppa la réforme des automotrices Z sur la ligne B pour envoyer 24 MI79 en urgence, le temps d'engager les travaux sur les MS61. Il fallut aussi se résoudre à commander rapidement du matériel supplémentaire afin de permettre le retour des MI79 sur la ligne B. Ainsi naissait le MI84 commandé dans un premier temps à 36 exemplaires.

Parallèlement, la RATP planchait sur un nouveau système d’exploitation pour passer de 24 à 30 trains par heure dans le tronçon central. Baptisé SACEM, le Système d’Aide à la Conduite et à la Maintenance devait resserrer l’intervalle entre les trains à 2 minutes en effaçant la signalisation latérale et en reportant une seule information de vitesse limite en cabine, définie selon la distance physique séparant deux trains et la distance de freinage à leur vitesse à l’instant T. Un système novateur pour l’époque et qui marqua un tournant dans l’exploitation à haut débit.

SACEM devait être mis en service pour l’interconnexion afin d’intégrer les dessertes de Cergy et Poissy.

La desserte de Cergy-Pontoise

En juillet 1974, l’Etat adopta un projet de liaison par aérotrain entre La Défense et la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, qui doit être immédiatement abandonné en raison de la flambée des cours du pétrole. La SNCF proposait alors un projet adossé au groupe III du réseau Saint Lazare, limité depuis le 1er octobre 1972 au service Paris – Nanterre Université depuis la reprise de la ligne de Saint Germain par la RATP.

Moyennant un raccordement en viaduc franchissant la Seine, en reprenant le tracé initialement envisagé pour le groupe V (Paris – Poissy – Mantes) dans le projet de correspondance à Nanterre avec le RER, la SNCF préconisait un raccordement des groupes III et V (ligne Paris – Poissy – Mantes) pour rejoindre Achères, puis le raccordement Achères – Eragny (assurant la jonction avec la ligne Paris – Argenteuil – Pontoise, dite du groupe VI) et enfin la construction d’une ligne nouvelle entre Neuville et les nouvelles constructions de Cergy.

Mise en service le 31 mars 1979, la desserte entre Paris Saint Lazare et Cergy Préfecture était assurée à l’aide de Z6400 avec une fréquence de 30 minutes.

Dans les années 1980, le principe de l’interconnexion de la desserte de Cergy Pontoise au RER A fut acté pour relier Cergy au centre de Paris via La Défense. Les travaux consistèrent d’une part en la séparation des flux entre Houilles et Achères par la mise à quatre voies de l’emprise ferroviaire, dont deux affectées au RER, et d’autre part en la création d’un viaduc sur la Seine et l’autoroute A86 entre Bezons et la gare de Nanterre Préfecture, en se raccordant aux réserves prévues pour l’ancienne branche de Montesson.

Parallèlement, la SNCF poursuivait la construction de la ligne nouvelle, suivant l’essor de l’agglomération de Cergy-Pontoise. La section Préfecture – Saint Christophe fut inaugurée le 29 septembre 1985, avec application d’une desserte au quart d’heure. Le même jour, la SNCF procédait à la réouverture de la gare de Conflans Fin d’Oise, mettant en correspondance la ligne de Cergy avec la ligne Paris – Argenteuil – Mantes (dite « groupe VI »).

Le 29 mai 1988, l’interconnexion avec le RER A était mise en œuvre, assurée par les nouvelles rames MI84 adaptées à la circulation sur les réseaux RATP et SNCF.  La desserte au départ de Saint Lazare fut limitée à Maisons Laffitte. Un an plus tard, Poissy était intégrée au RER A permettant de lancer une desserte à 30 trains par heure sur la ligne avec les terminus ouest de Cergy, Poissy, Rueil, Le Vésinet et Saint Germain, et de La Varenne, Boissy, Noisy, Torcy et Chessy à l’est gérant chacun 6 départs dans l’heure.

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Houilles Carrières sur Seine - 27 juin 2011 - Les MI84 ont permis l'interconnexion des dessertes de Cergy et de Poissy au RER A. Ce matériel a cependant toujours souffert de sa faible capacité qui précipite sa réforme. © transportparis

Le 29 août 1994, la branche fut prolongée aux nouveaux quartiers de Cergy le Haut, et la ligne prit sa configuration actuelle.

RER-A

Le service fut dès lors assuré à la fois par le RER A (toutes les 10 minutes en heure de pointe, toutes les 20 minutes en journée) et par la desserte du groupe III au départ de Saint Lazare, également toutes les 10 minutes en pointe jusqu’à Cergy. En heures creuses, une desserte Paris – Maisons Laffitte était maintenue toutes les 20 minutes en journée.