Le 21 novembre 1853, un véhicule révolutionnaire circulait à l'essai : d'aspect similaire à un omnibus, il avait la particularité de circuler sur des rails encastrés dans la chaussée pour diminuer l’effort des chevaux par un meilleur roulement. La ligne probatoire reliait la Barrière de Passy à la place de la Concorde : le premier tramway parisien était né !

Voilà cent soixante ans, le premier tramway parisien - et le premier du continent européen - voyait le jour. Ce moyen de transport, déjà connu en Amérique du Nord, allait rencontrer un grand succès sur le vieux continent. A Paris, il connaîtra une extension rapide après la guerre de 1870 et constituera après 1921 le plus grand réseau unifié du monde - c'est à dire exploité par une seule et même compagnie.

Les tramways parisiens devinrent le principal moyen de transport de la capitale jusqu'à connaître un trafic annuel de quelque 800 millions de voyageurs à son apogée. Ce réseau connut à peu près tous les systèmes possibles de traction ; des véhicules d'une diversité parfois extravagante preuve de l'imagination des compagnies diverses et successives à trouver des moyens d'exploitation plus efficaces.

Contrairement à des idées ayant eu la vie dure, le réseau a bénéficié d’évolutions constantes tendant à faire de ce réseau un outil moderne et de transport rapide de masse - accotement ; matériels en voie d'unification progressive ; recherche de nouvelles techniques, parfois très avancées - tout a été tenté, essayé et appliqué jusqu'au jour où ...

Jusqu'au jour où une féroce campagne pro-automobile gratifia puis accusa les tramways de tous les maux d’une circulation grandissante : encombrement, gêne, danger, archaïsme, on pourrait rédiger un recueil des quolibets dont le tramway de Paris eut à souffrir. Malgré un processus de modernisation en cours, la force de l'industrie automobile et pétrolière eut gain de cause : en huit ans, on détruisit, on saccagea, on anéantit proprement cet immense réseau. On le gomma, on l'oublia et il n'en fut plus « jamais » question. L’autobus, c’était le « progrès », jusqu'au jour où ...

Jusqu'au jour où il fut enfin rendu justice et que des voix osèrent dire que la suppression des tramways parisiens fut une erreur et jusqu'au jour où, le 6 juillet 1992, après une absence de 56 ans, le tramway revint à Paris !

A cette occasion, transportparis revient sur ces 160 ans d’histoire des transports parisiens, en dépit d’une longue parenthèse, lourde de conséquences encore largement perceptibles aujourd’hui, ne serait-ce que par le manque de capacité du réseau de surface et la saturation du Métro dans Paris, faute d’une offre de surface attractive pour les courts et moyens trajets. Durant ces 56 ans de mise à l’index, il y eut quelques professionnels, quelques personnes engagées aussi, qui ont perpétué le souvenir des tramways parisiens, non pas sur un mode nostalgique mais en œuvrant activement pour son retour.

Le tramway redevient un élément incontournable de l’offre de transport. On compte aujourd’hui neuf lignes, deux sont en construction, et plusieurs extensions sont également programmées ou d’ores et déjà en chantier. On ne manquera pas de reprocher l’absence de continuité géographique de ces lignes formant des isolats, tournant le dos à la notion même de réseau, ainsi que l’hétérogénéité des technologies, diminuant l’effet du tramway sur l’efficacité du système de transport dans une agglomération de 10 millions d’habitants.

Ce dossier n'aurait pas été possible sans l'existence de l'ouvrage de Jean Robert, Les tramways parisiens, sur lequel repose ce dossier, et sans la contribution ô combien active de Thierry Assa pour sa rédaction et son illustration.

Chapitre 1 : l'ère du cheval

Chapitre 2 : de la traction mécanique à l'électricité

Chapitre 3 : la Belle Epoque

Chapitre 4 : l'unification de la traction électrique

Chapitre 5 : l'apogée des tramways parisiens

Chapitre 6 : les projets de la STCRP

Chapitre 7 : le démantèlement

Chapitre 8 : le retour d'un banni