02 septembre 2019

Le Val d'Or : festival de pancartes

Si on voulait illustrer les lourdeurs des référentiels ferroviaires français, assurément, ce qui va suivre pourrait faire partie du peloton de tête. Nous avions déjà remarqué que sur le réseau Saint Lazare, l'arrivée du Francilien avait entrainé une prolifération de pancartes de repères d'arrêt sur les quais dont le souci d'exhaustivité non seulement nuisait à la lisibilité mais pouvait aussi donner l'impression qu'on sous-estimait les capacités d'initiative des agents de conduite. Mais alors au Val d'Or, on atteint les sommets !

300819_pancartes-val-d'or1

Suresnes Le Val d'Or - 30 août 2019 - Probablement le summum, sur le quai central en direction du sud : 5 pancartes, dont 4 jumelées en moins d'un mètre. La première, isolée, vise les US de Z6400 effectuant un terminus (inopiné). Ensuite, sur les 4 jumelées, vers l'intérieur du quai, le repère pour la même fonction adaptée aux Z50000 et aux Z2N de la ligne U. Côté voie centale, le repère d'arrêt normal pour les Z50000 (en haut à gauche) et les compositions de 4 voitures (Z6400 et Z8800). Le choc de simplification aboutirait à une seule pancarte "tous trains courts" (TTC). © transportparis

300819_pancartes-val-d'or2

Suresnes Le Val d'Or - 30 août 2019 - Même quai, mais côté Paris cette fois-ci, avec 3 pancartes sur 3 poteaux différents. De gauche à deoite, d'abord l'arrêt des trains assurés en Z6400 pour terminus (inopiné), puis pour les Z5000 en UM2 et enfin la pancarte TT pour tous les trains desservant la gare au passage. On notera la dissymétrie dans le traitement de l'exhaustivité de l'arrêt... et le fait que les compositions courtes ne s'arrêtent pas au même endroit en cas de terminus. Kafkaïen ! © transportparis

300819_pancartes-val-d'or3

Suresnes Le Val d'Or - 30 août 2019 - Extrémité du quai vers le sud. Si les trains longs au passage sont tous alignés au même endroit (grâce aux repères Z50-2 et 8V), on notera que les compositions Z6400 et Z50000 en UM2 doivent respecter des repères espaces de moins de 3 m.  Mais que font les Z2N en cas de besoin de terminus ? © transportparis

250318_reperes-arret-obernai

Obernai - 25 mars 2018 Essayons de faire progresser cette modeste cause et partons en Alsace où, manifestement, les principes du réseau ferroviaire allemand ont fait des émules : on ne repère plus les points d'arrêt avec le type de matériel ou sa composition, mais avec la longueur des convois. Avec la quasi-généralisation des automotrices sur le transport régional, les disparités de longueur ne sont plus ce qu'elles étaient avec des rames tractées. Des adhésifs réfléchissants sont collés sur les poteaux d'éclairage avec une graduation 50 / 75 / 100 / 150 mètres. © transportrail

Posté par ortferroviaire à 09:30 - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,


18 novembre 2018

A propos des points d'arrêt des trains

Nous avions déjà abordé le sujet avec la floraison de pancartes sur les quais, indiquant aux conducteurs le point d'arrêt en fonction du matériel, et le zèle dont fait preuve la SNCF, probablement pour esquiver certaines crispations dans la gestion du personnel, quitte parfois à friser le ridicule.

transportparis poursuit sur ce sujet de la position des points d'arrêt. Premier exemple avec la gare de Fontainbleau. Désormais, les trains courts stationnent en tête des quais. C'est à dire là où ils sont les plus étroits, les plus encombrés de poteaux divers (caténaire, signalétique) et autres mobiliers (bancs, poubelles, abris légers). La gare de Fontainebleau est assez particulière, avec des quais décalés et des accès décentrés, à l'arrière dans chaque cas.  Donc imposer aux voyageurs de remonter le quai pour accéder aux trains courts, à l'endroit le moins confortable, voilà qui n'est pas très malin : le voyageur est-il vraiment au centre des décisions ?

Résultat, les voyageurs essaient d'attraper le train par la dernière porte, avec 2 conséquences : la dernière voiture est la plus sollicitée et ce déséquilibre dans la répartition des trains conduit logiquement à une dérive des temps de stationnement. "Mass transit" avez-vous dit ?

Pire, dans cette gare passent des trains sans arrêt à 150 / 160 km/h. Par conséquent, tasser les voyageurs sur la zone la plus étroite, la moins confortable et de surcroît la plus dangereuse, voilà qui n'est - franchement - pas la meilleure option sécuritaire. Sans compter que le voyageur en fauteuil roulant devra lui remonter l'intégralité du quai pour être pris en charge dans la zone en courbe prononcée afin d'accéder au train.

021118_20516fontainebleau3

Fontainebleau-Avon - 2 novembre 2018 - Illustration des conséquences des nouveaux points d'arrêt des trains courts : sur ces deux clichés, la Z2N 5 caisses est arrêtée au nouveau repère idoine... et on constate que les voyageurs cavalent pour attraper la dernière porte de la rame. Conséquence : les temps de stationnement dérivent ! © transportparis

021118_20516fontainebleau4

Alors, le voyageur au centre des préoccupations ? Fontainebleau, un cas particulier ? Que nenni ! C'est même en train de devenir une habitude, à chaque fois qu'une rénovation des quais ou l'amélioration des franchissements dénivelés des voies.

Au chapitre des situations ubuesques, ce deuxième exemple : La Garenne Colombes. Sur le quai, un marquage a été appliqué pour indiquer la position d'arrêt des trains courts. Très bien. Mais il faut être expert ferroviaire - et encore - pour comprendre que cette zone correspond à l'arrêt des Z50000 Francilien... mais pas à celle des Z6400. Vers Paris, les premières s'arrêtent en tête de quai, encore une fois là où il est le plus étroit, le moins abrité et à l'opposé de l'accès. Vers la banlieue, les Z50000 s'arrêtent à l'arrière du quai (plus large quand même), et le plus loin possible des sorties... en particulier pour ceux qui utilisent l'ascenseur.

181118_235Llagarenne-colombes

La Garenne Colombes - 18 novembre 2018 - Train court assuré en Francilien, mais arrêt au-delà de la zone repérée sur le quai pour les compositions à une seule rame.  La queue du train se situe à environ 30 m du pied de l'escalier. Sur les voies à droite du cliché, les trains circulent à 120 km/h. Là encore, concentrer les voyageurs sur la partie la plus étroite du quai n'est pas franchement une situation des plus sécurisantes... © transportparis

Même situation à Juvisy vers Paris sur le RER C, avec en plus, une autre complication : les quais à hauteur variable, façon dromadaire. L'utilité des rehaussements partiels à 760 mm reste toujours aussi mystérieuse alors que le matériel actuel est à 920 / 1010 mm de hauteur et que le schéma directeur du matériel roulant vise un matériel à 550 mm sur cette ligne.

Si vous connaissez d'autres situations de ce type, signalez-la dans les commentaires à cet article que nous mettrons à jour régulièrement. Des fois que cela serve à quelque chose !

Remontées des lecteurs de transportparis :

  • La Défense (ligne L) en direction de Paris ;
  • Bécon les Bruyères (ligne L) en direction de Paris ;
  • Invalides (RER C) en direction de Versailles RG / Saint Quentin en Yvelines / Pontoise ;
  • Javel (RER C) en direction de Dourdan / Etampes / Massy-Palaiseau ;
  • Champ de Mars (RER C) dans les deux sens

Posté par ortferroviaire à 17:18 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,