22 août 2011

T1 plus à l'ouest

A défaut de pouvoir être prolongé de Noisy-le-Sec au Val de Fontenay en raison des récurrents blocages initiés par la ville de Noisy-le-Sec, la rocade T1 sera prolongée plus à l'ouest. Longue de 11,3 km, la première ligne de tramways de région parisienne, qui fêtera ses 20 ans le 6 juillet 2012, relie aujourd'hui la gare de Saint-Denis à celle de Noisy-le-Sec.

Alors que les travaux sont en cours entre Saint-Denis et Gennevilliers pour l'allonger de 4,9 km, les études vont pouvoir démarrer sur la section Gennevilliers - Colombes Quatre Chemins, soit 5,8 à 6,4 km supplémentaires, qui comprendront 11 à 12 stations selon le tracé retenu. Le conseil du STIF du 6 juillet a en effet validé les principales caractéristiques du projet.

Deux tracés sont mis à l'étude : le premier reprend l'itinéraire de la ligne d'autobus 304 par la gare et la mairie de Colombes puis le quartier de l'Europe, desservant au passage l'hôpital de Colombes. Arrivé au Petit-Colombes, le tracé récupère les voies de T2 pour un court tronc commun jusqu'au terminus qui sera installé aux Quatre-Chemins.  L'alternartive consisterait en un tracé plus au nord par le quartier des Fosses Jean à Colombes sans passer ni par la gare ni par le centre-ville. En revanche, les deux tracés sont communs sur l'avenue Salvador Allende et à l'approche du terminus. Le tracé nord présente l'inconvénient de ne pas proposer de correspondances avec le réseau ferroviaire : la gare du Stade de Colombes serait situé à plus de 400 m du tracé du tramway.

Source : STIF - DOCP prolongement T1 ouest

Malgré ce handicap que certains qualifieraient volontiers (et à juste titre) de rédhibitoire, ce tracé a les faveurs de la ville de Colombes qui considère acquis l'arrivée d'un des maillons du Grand Paris Express dans le centre de Colombes... Les études socio-économiques ne s'y sont pas trompées, et le taux de rentabilité socio-économique est deux fois supérieure sur le tracé central (27,2% contre 19,6%).

Le temps de parcours serait de l'ordre de 20 minutes, avec une vitesse commerciale cependant légèrement inférieure sur le tracé central du fait de la densité plus importante. En revanche, le trafic serait à la pointe du matin, supérieur de 17% sur le tracé central par rapport à la variante nord et de 35% en tenant compte de l'ensemble de la journée du fait de la desserte du centre-ville de Colombes. Autant dire que le tracé central part avec plusieurs longueurs d'avance : la logique l'emportera-t-elle ?

Du point de vue de l'exploitation, les études tablent sur un intervalle de 4 minutes en heure de pointe et l'emploi de tramways classiques de 32 m offrant 220 places. Le schéma devrait prévoir une exploitation autonome de la ligne T1 compte tenu de la longueur de cette dernière (17 km en 2012) afin d'en préserver une fiabilité acceptable. Cette ligne de 6 km préfigurerait un axe ayant vocation à rejoindre ensuite Nanterre Université puis Rueil Malmaison.

Fait notable, ce maillon créerait une continuité physique entre T1, T2 et T8 via cette ligne dont l'indice n'est pas encore connu (les mystères de la numérotation des tramways parisiens n'étant pas encore tous levés !). Un signe qui va - enfin ! - dans le bon sens, celui d'un réseau cohérent (du moins partiellement !).

Posté par ortferroviaire à 13:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


14 mai 2011

T1 ouest : le centre de Colombes à l'écart ?

Alors que le prolongement de T1 de Saint-Denis à Gennevilliers Les Courtilles est en cours de réalisation avec une mise en service d'ici un an, les études pour une nouvelle section de la rocade ont été lancées : il s'agit de relier T1 et T2 au travers de Colombes, sur un tracé d'environ 5 km.

Le tracé naturel consiste en la reprise de la ligne 304 d'autobus, par le carrefour des Quatre Routes d'Asnières, la gare de Colombes et le centre-ville, avant de rejoindre la cité Audra et l'hôpital Louis Mourier pour aboutir au rond-point du Petit-Colombes pour rejoindre T2 et partager ses voies sur environ 400 m pour effectuer le terminus au carrefour des Quatre Chemins.

Ce serait trop simple : déjà, la précédente municipalité de Colombes avait remis en cause ce tracé en lui préférant un itinéraire plus au nord évitant le centre-ville. L'actuel maire semble rejoindre cette position par un discours pour le moins étonnant, démontrant s'il en est que certains élus (de plus en plus nombreux) ne sont guère clairvoyants en matière de développement des transports publics.

La ville de Colombes veut son métro : or la commune n'est pas sur le tracé proposé par l'Etat, pas plus que celui de la Région, qui pour le coup sont relativement voisins en privilégiant la desserte de Bois-Colombes qui, en matière d'infrastructures lourdes, ne bénéficie que d'une seule gare desservie toutes les dix minutes. En comparaison, Colombes dispose de quatre gares, chacune desservies par six trains à l'heure, et profitera du T2 prolongé de La Défense à Bezons l'année prochaine, voire donc du maillon unissant T1 à T2 : quatre gares et deux tramways pour une commune de 85 000 habitants, on a vu plus mal lôti.

Or en poussant à la réalisation d'un métro par le centre de Colombes, à un horizon de 15 ou 20 ans au mieux, le risque est de plomber la réalisation d'un tramway qui constitue l'échelon pertinent pour absorber le trafic envisagé sur le tracé, et dont la réalisation peut être effective d'ici 7 à 8 ans.

Pourtant, il existe un tracé alternatif dans les études, le fameux tracé nord, mais celui-ci est intrinsèquement discrédité par l'absence de correspondance entre le tramway et le réseau Transilien, le tracé passant au mieux à 300 mètres de la gare du Stade alors que le tracé par le centre prévoit une station du tramway au pied de la gare du centre de Colombes.

Bref, le miroir aux alouettes continue de faire des siennes...

Des arguments techniques sont avancés : une avenue serait trop étroite et il faudrait procéder à des acquisitions foncières pour faire passer le tramway sur une voirie de 13 mètres de large. Première nouvelle... la preuve en image !

280308_HERMELIJNpalaisdejusticeGand, Zonnestraat - 28 mars 20108 - Aucun argument sur l'impossibilté d'insérer un tramway dans une voirie étroite - et au demeurant très commerçante - ne peut résister à la comparaison avec d'autres réseaux. Ici à Gand, près du palais de justice. ©transportparis

Posté par ortferroviaire à 11:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

17 décembre 2010

T1 : nouveau blocage à Noisy le Sec ?

Dimanche dernier avait lieu une élection municipale à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis : la liste sortante a été battue et c'est un élu d'opposition qui l'a emporté... fils d'un précédent maire. Vous direz probablement que ça n'a guère de rapport avec les transports parisiens. Hélas... si ! Le nouveau maire a déclaré aujourd'hui dans Le Parisien son opposition au tracé retenu pour le prolongement du tramway entre la gare de Noisy-le-Sec et Val-de-Fontenay... alors que la précédente municipalité avait validé un tracé obtenu après des années de tergiversations, blocages et tractations.

Ainsi, alors que l'horizon s'était dégagée en faveur de ce tramway de 8,5 km, qui s'inscrit dans le cadre d'une transformation urbaine notable puisque le tracé retenu comporte la reprise d'une section d'autoroute inutile puisqu'isolée du reste du réseau de voies rapides, c'est à nouveau l'impasse.

On attend les réactions des autres élus de Seine-Saint-Denis, notamment les mairies de Romainville, Montreuil et Fontenay-sous-Bois... mais aussi ceux déjà desservis par T1, qui militent en faveur du remplacement des rames TFS actuelles, opération qui n'est réellement envisageable (pour des questions de linéraire de remisage) qu'avec l'utilisation de deux sites de maintenance à Bobigny et à Montreuil.

Bref, le microcosme noiséen semble plus important que l'intérêt général de l'est parisien.

Ces difficultés institutionnelles mettent en valeur l'inadéquation de millefeuilles administratif francilien et la réalisation de projets oeuvrant à l'amélioration des déplacements par l'essor des transports en commun. La multiplicité de communes crée autant de points de blocage qu'il n'existe de collectivités. Il est grand temps d'envisager sérieusement une réflexion sur la pertinence d'un morcellement territorial qui peut à ce point nuire à l'intérêt de la population...

Posté par ortferroviaire à 16:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :