24 avril 2017

Essai d'autocars à deux niveaux entre Dourdan et Massy

En 4 ans, la fréquentation de la ligne Express 91-03 entre les gares de Dourdan et de Massy-Palaiseau a augmenté de 20%. Avec un temps de parcours de 30 minutes et un intervalle à l'heure de pointe de 5 minutes, elle transporte plus de 3000 voyageurs par jour. Plus pratique que le RER C (avec correspondance à Juvisy), elle fait partie de ces relations qui démontre la complémentarité entre le réseau ferroviaire et des lignes rapides d'autocars en grande banlieue.

Déjà dotée d'autocars de 15 m à 3 essieux, le STIF, avec l'exploitant Albatrans, filiale de Transdev, expérimente 2 autocars Setra S431 DT à 2 niveaux pour augmenter la capacité de transport : ce sont ainsi 83 places assises qui sont offertes contre 65 dans les véhicules de 15 m. En revanche, la réglementation sur les autocars interdisant le voyage debout, le départ ne peut s'effectuer qu'une fois les voyageurs assis, ce qui prend plus de temps. De même, avec toujours des portes d'entrée et de sortie à un seul vantail, les échanges de voyageurs sont plus longs.

De tels véhicules ne sont donc envisageables que sur des liaisons comportant peu d'arrêts pour préserver les temps de parcours : typiquement des lignes Express empruntant majoritairement les voies routières rapides d'Ile de France dont le développement est souhaité dans le cadre de l'amélioration des dessertes interpôles en grande couronne.

Posté par ortferroviaire à 15:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,


13 avril 2017

Le voyageur au coeur de la régulation du trafic ?

On pourrait résumer le sujet ainsi : est-ce qu'il suffit de faire rouler des trains pour transporter correctement des voyageurs ? "Caricature" diront certains. Mais quand l'interrogation est mise sur la place publique dans un livre dont l'auteur est un haut cadre du groupe SNCF, n'est-ce pas l'illustration d'un écart perceptible - reste à le quantifier - entre la vocation et les processus d'un service ?

Dans son nouveau dossier, transportparis s'intéresse à la relation entre la gestion du trafic en Ile de France et la prise en compte du point de vue du voyageur dans les modalités de gestion des aléas de l'exploitation d'un réseau dense, souvent en limite de saturation sinon saturé, en proie aux conséquences de décennies d'investissements insuffisants et à des phénomènes de société difficilement maîtrisables.

Un exemple pour illustrer : vous prenez le train tous les jours dans une gare desservie par des omnibus et qui voit passer des missions semi-directes faisant des sauts de puce. Un premier omnibus est supprimé, puis le suivant... et pendant ce temps passent des semi-directs sans qu'aucun ne voit sa politique d'arrêt modifiée pour récupérer le nombre de voyageurs grandissant qui s'accumule sur votre quai. Les informations diffusées en gare vous annoncent "train supprimé" sur les écrans et les annonces sonores un trafic perturbé avec des retards de 5 à 15 minutes, alors que vous êtes sur le quai depuis une demi-heure au bas mot...

Et comme certaines lignes sont d'une organisation passablement complexe, résultant d'assemblages plutôt instables, insatisfaisants pour le plus grand nombre mais pour lesquelles toute réforme se heurte à des oppositions à fort battage politique faisant parfois plus de bruit qu'elles ne concernent réellement de voyageurs, les ingrédients d'un fonctionnement passablement aléatoire du réseau ferroviaire francilien sont réunis. Alors le voyageur dans tout ça ? Variable d'ajustement ou souffre-douleurs de phénomènes intra et extra-ferroviaires ?

 

Posté par ortferroviaire à 08:04 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 février 2017

A Créteil, ça gaze !

Le dépôt de Créteil a fait du GNV sa singularité : voici 20 ans, la RATP se lançait dans une expérimentation grandeur nature avec deux carburants alternatifs : le GNV et le GPL. Ce dernier fut rapidement abandonné, alors que le GNV donnait des résultats satisfaisants, mais sans décision sur les suites à donner. Finalement, le STIF a choisi de relancer cette filière en s'appuyant sur le site de Créteil. Toutes les lignes exploitées en autobus standards sont en cours d'équipement en Lion's City, venant en outre progressivement remplacer les Agora arrivés entre 1999 et 2003. En principe, le dépôt de Créteil devrait recevoir dans le courant du printemps ses premiers bus articulés fonctionnant avec ce carburant. Scania et son Citywide et Solaris avec son Urbino sont les deux fournisseurs retenus. 

150217_117creteil-de-gaulle2

Créteil - Avenue Charles de Gaulle - 15 février 2017 - Chacun imprime sa marque sur les autobus : le constructeur, l'opérateur et l'autorité organisatrice, qui ne lésine pas sur son image avec le bloc-marque situé au-dessus de l'essieu avant, la "frise symbolique" désormais au-dessus des baies vitées, le "voyageur" quelque peu tronqué à l'arrière et bien entendu son bandeau gris métallisé. Et personne n'a pensé à décorer les bonbonnes de gaz en toiture ? © transportparis

150217_181creteil-de-gaulle1

Créteil - Avenue Charles de Gaulle - 15 février 2017 - En février 2017, les Lion's City fonctionnant au gaz assurent le service des lignes 24, 104, 109, 117, 181, 217. L'équipement du 308 (ci-dessous) est en cours. © transportparis

150217_308creteil-de-gaulle1

301116_217creteil-eglise1

Créteil - Rue de Paris - 30 janvier 2017 - Outre la décoration un peu chargée (toujours des reste de la Bus Attitude sur la porte avant), on note que les autobus standards restent malheureusement fidèles à la disposition à 2 portes seulement... © transportparis

Posté par ortferroviaire à 17:32 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,

15 février 2017

MF67 - MF77 : le STIF amorce la succession

338 trains, 1690 voitures et 8 lignes concernées. Le prochain appel d'offres sur le métro pour le MF19 (appellation provisoire pour transportparis) s'annonce de grande ampleur, à comparer aux 200 rames annoncées pour le Grand Paris Express.

Le STIF a donc jeté les bases du nouveau matériel ferré du métro. Pas de grandes suprises sur le fond et il est fréquemment pris en référence le MF01, notamment au chapitre de l'aménagement intérieur, de largeur des sièges, de leur espacement, du nombre et de la taille des portes. Bref en étant un brin réducteur, le nouveau métro fer pourrait être une mise à jour du MF01.

140912_MF67reaumur-sebastopol

Station Réaumur-Sébastopol - Ligne 3 - 14 septembre 2012 - Les MF67 à bogies monomoteur Duwag sillonnent la ligne 3 depuis 1968, et ne verront arriver leur successeur que d'ici une dizaine d'années. Quasiment 60 ans de service. © transportparis

Ce qui est en revanche assez étonnant, c'est la distinction entre les nouveaux trains devant succéder aux MF67 et MF88 et ceux devant remplacer les MF77, en évoquant deux versions de longueur de 76 et 77,4 m pour coller au plus près des longueurs actuelles. Cependant, on peine à imaginer comment les constructeurs pourraient mettre à profit une différence de 1,40 m à répartir sur 5 voitures. Il semblerait plus logique d'uniformiser la longueur des trains, ce qui simplifiera la gestion du parc.

La capacité visée est au minimum de 552 voyageurs avec un objectif à 590 voyageurs en charge normale à 4 voyageurs debout par m². Pour les trains courts destinés aux lignes 3 bis et 7 bis, d'une longueur de 62 m, l'objectif est de 420 places.

Dans un premier temps, le STIF a mandaté la RATP pour équiper 3 lignes à compter de 2023 : 3 bis, 7 bis et 10. Ensuite, le STIF semble privilégier le renouvellement des MF77 de la ligne 13 (2025), puis la ligne 12 ( 2027) et enfin les lignes 7 et 8 en fin de programme. Rappelons que ces deux lignes devraient bénéficier de la rénovation des MF77 qui les desservent actuellement.

Posté par ortferroviaire à 20:49 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

02 janvier 2017

Ligne 11 : enfin les travaux !

Dire que ce prolongement était en partie intégré au plan de développement du réseau de 1929 ! Il en aura fallu du temps pour que la ligne 11 ne se limite plus au parcours Châtelet - Lilas. Il faudra encore être patient, mais l'officialisation du début des travaux le 10 décembre dernier a marqué une étape décisive.

D'un coût de 1,3 MM€, l'extension de 5,4 km desservira 5 stations supplémentaires entre la mairie de Lilas et la gare de Rosny Bois Perrier. Au terminus, la ligne 11 sera en correspondance avec le RER E, et elle croisera le T1 Est (Bobigny Picasso - Gare de Noisy - Val de Fontenay) place Carnot à Romainville. Au-delà du terminus, 600 m de voies sont prévues pour rejoindre le nouvel atelier de maintenance de la ligne 11, qui succèdera à celui qui avait été créé en 1935 à l'ouverture de la ligne.

Avec ce nouvel atelier, la ligne 11 pourra être - enfin - exploitée par du matériel moderne : tant que le prolongement n'est pas opérationnel, les MP59 resteront en ligne, car les installations souterraines exiguës ne peuvent être utilisées avec des rames comprenant de nombreux équipements en toiture.

Le prolongement de la ligne 11 impliquera aussi des travaux sur la section existante pour recevoir les nouveaux MP14 de 5 voitures. Les quais seront rehaussés pour être à la même hauteur que le plancher des rames, supprimant la petite marche existante. En outre, du fait de l'augmentation de la fréquentation et de la capacité des trains, 10 stations seront dotées d'un second accès : Châtelet, Hôtel de Ville, Goncourt, Belleville, Pyrénées, Jourdain, Place des Fêtes, Télégraphe, Porte des Lilas et Mairie des Lilas. Ces deux dernières seront également équipées d'ascenseurs. Ainsi, la section Porte des Lilas - Rosny Bois Perrier sera accessible puisque les nouvelles stations, elles, seront construites aux normes. Le STIF justifie ce choix par la continuité d'itinéraire possible avec le T3 et le réseau d'autobus intramuros.

L11_perspective_place-carnot1

Esquisse de la station de la place Carnot à Romainville avec le tramway T1 Est dont la station sera situé devant l'entrée du métro.

L11_perspective_coteaux-beauclair2

La station Côteaux - Beauclair sera à l'air libre : les premières esquisses rappellent le style architectural des stations aériennes de la ligne 2.

La mise en service de la ligne 11 prolongée à Rosny Bois Perrier est prévue fin 2022. Ensuite, le projet du Grand Paris Express s'attaquera à une nouvelle extension jusqu'à la gare de Noisy-Champs du RER A.

140912_MP59telegraphe

Station Télégraphe - 14 septembre 2012 - Dix stations de l'actuelle ligne 11 seront modifiées pour légèrement rehausser les quais et créer un second accès améliorant la circulation des voyageurs et leur répartition dans les trains. Quant aux amateurs de MP59, ils pourront profiter de ce matériel plus que quinquagénaire pendant encore 6 ans : les usagers devront eux faire preuve de patience avant d'entrer dans le 21ème siècle du point de vue du matériel roulant... © transportparis

C'est donc une première étape dans le développement de l'offre structurante de l'est parisien qui s'ouvre. Parallèlement, les travaux préliminaires du T1 Est se poursuivent ; les études du prolongement de la ligne 1 du Château de Vincennes au Val de Fontenay aussi ; les associations et élus locaux se mobilisent pour acter le principe d'un prolongement de la ligne 9 de la mairie de Montreuil à l'hôpital intercommunal, en correspondance avec la ligne 11. Quant à la première section de la ligne 15, entre le pont de Sèvres et la gare de Noisy-Champs, elle va elle aussi entrer en phase de réalisation.

Posté par ortferroviaire à 20:45 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


23 novembre 2016

Triangle de Gonesse : mise en service du BHNS

Toujours objet de convoitises et censé accueillir de vastes projets urbains diversement accueillis, le triangle de Gonesse est, rappelons-le, concerné par 3 projets de transports en commun : une ligne de BHNS, une branche du RER D et la ligne 17 du Grand Paris Express. La branche du RER D semble - heureusement - rangée dans les placards d'archives, les solutions de court terme plus économiques ont donc pû être mises en oeuvre.

La ligne de BHNS, baptisée ligne 20, a été inaugurée par les élus de la Région et du Département du Val d'Oise le 19 novembre dernier. Elle relie donc la gare de Villiers le Bel (sur le RER D) à celle du parc des expositions de Villepinte (sur le RER B). D'une longueur de 10 km, avec 7 stations, elle dispose d'un site propre sur 80% du parcours avec priorité aux intersections. Le coût des aménagements atteint 34,5 M€ financés par la Région et le Département.

trace-BHNS-20-gonesse

La ligne assure donc une fonction de rocade entre les deux lignes de RER du nord parisien. Elle procure ainsi une liaison en moins de 30 minutes vers les zones d'emplois de Villepinte, Tremblay en France et, par correspondance à tout le pôle logistique autour de l'aéroport de Roissy. Elle améliore aussi l'accès à l'hôpital de Gonesse.  Une huitième station cest prévue au triangle de Gonesse : sa réalisation est liée au projet d'aménagement du secteur (le très contesté complexe commercial Europacity).

Exploitée par Transdev, elle est desservie par des autobus articulés Heuliez GX437 Hybride offrant 110 places dont 34 assises. En heures de pointe, la fréquence est de 6 minutes, ce qui devrait lui conférer une bonne attractivité. Le STIF annonce une prévision de trafic de l'ordre de 7200 voyageurs par jour. Avec l'offre proposée, le BHNS devrait pouvoir assurer la desserte du secteur pendant une durée assez confortable sans le renfort de modes lourds.

GX437HYB-BHNS-gonesse

Villepinte - Parc des Expositions - 19 novembre 2016 - Démonstration du GX437 Hybride de la ligne 20 Villiers le Bel - Parc des Expositions à l'occasion de son inauguration. (cliché X)

Au fait, on notera que la ligne est un BHNS... mais pas un TZEN. Si quelqu'un peu expliquer pourquoi...

Posté par ortferroviaire à 14:46 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20 novembre 2016

Grand Paris : ce qu'il aurait fallu faire ?

Titre un peu prétentieux ? C'est en résumé l'angle de réflexion  du géographe et urbaniste Marc Wiel dans son ouvrage posthume intitulé Grand Paris, vers un plan B, paru en 2014. Dans cet ouvrage, Marc Wiel éclairait différemment le débat sur le Grand Paris en relativisant son impact sur l'aménagement du territoire francilien, dont on retiendra quelques phrases en guise d'accroche à ce nouveau dossier de transportparis.

Trop de vitesse de déplacement fait perdre du temps à tout le monde.

La rente foncière et immobilière est bien plus structurante pour la ville que les transports.

Le bassin d'emploi francilien est beaucoup trop grand pour être unifié.

Les politiques urbaines - canalisation de la périurbanisation, maîtrise foncière, déconcentration organisée des emplois - seront d'autant plus coûteuses et inefficaces qu'on ne leur associera pas une politique de la vitesse à rebours de celle poursuivie depuis 30 ans.

Posté par ortferroviaire à 10:51 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 octobre 2016

Ligne 1 au Val de Fontenay : le tracé retenu

Le prolongement de la ligne 1 du Château de Vincennes au Val de Fontenay a désormais son tracé. Au coursd'une consultation publique sur les grands enjeux des deux itinéraires proposés, le STIF et la RATP ont évalué la socio-économie des deux tracés proposés et conclu à une meilleure efficacité du tracé nord dit "Grands Pêchers".

tracé-metro-1-VDF

Les études se poursuivent pour une enquête publique envisagée en 2018.

Posté par ortferroviaire à 13:53 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2016

Bus parisiens : nos nouvelles propositions

Après la présentation par le STIF du projet de réorganisation du réseau de bus dans Paris, nous avons dans un premier temps analysé les propositions du STIF et de la Ville de Paris, avant d'aller plus en profondeur dans une nouvelle proposition synthétique, essayant de concilier ce que nous estimons être les propositions les plus intéressantes pour l'évolution de ce réseau, par rapport aux objectifs poursuivis. Il en émerge quelques nouveautés par rapport à la précédente proposition de transportparis.

A découvrir dans ce document à télécharger.

Posté par ortferroviaire à 16:28 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 septembre 2016

Métro nocturne : pas besoin ?

Nouveau débat entre la Ville de Paris, la Région Ile de France et le STIF. La première souhaite une ouverture du métro la nuit. La deuxième - qui tient les rennes du troisième - dodeline et considère que cela coûterait trop cher par rapport aux besoins : environ 100 M€ par an pour une ouverture générale du réseau du vendredi soir au dimanche soir. Une étude a été missionnée : il en résulte que le trafic potentiel existe (environ 40 000 voyageurs par jour sur la dernière heure d'exploitation par exemple) mais qu'il n'est pas compatible avec l'organisation de la maintenance du réseau et surtout de la politique de renouvellement engagée. Si Londres a pu parvenir à une ouverture du métro 24 heures sur 24 le week-end, c'est aussi parce que le réseau ferme plus tôt qu'à Paris en semaine.

La Région et le STIF ont fait remarquer à la Ville qu'avec un abonnement à 73 € par mois (6 fois moins cher qu'à Londres), il ne fallait pas trop en demander aux transports franciliens...

Posté par ortferroviaire à 14:07 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,