16 juillet 2012

Berges de Seine : l'autobus oublié

Il y a les discours, et il y a les actes. La ville de Paris fait souvent des effets de manche sur le développement des transports en commun, avec deux sujets de prédilection : la saturation de la ligne 13 et le développement du tramway des maréchaux.

La première mandature de l'actuelle majorité, entre 2001 et 2008, avait permis le développement de couloirs d'autobus. L'intention était là, même si dans certains cas, les dispositions retenues, cafkaïennes, étaient probablement le fruit d'un ingénieur - sans aucun doute compétent - mais qui avait quelque peu oublié le bon sens, à moins que les riverains ne fussent en cause dans cet oubli.

La seconde mandature est nettement moins brillante avec, on l'a déjà dit, des mesures à contresens de la logique, en particulier la suppression de couloirs d'autobus indispensables au bon fonctionnement du réseau parisien. Il s'agit du cas de la rue Lafayette et de la rue de Rennes. Le bilan est également très mitigé sur la rue Saint Lazare.

Le nouveau projet de la ville de Paris, c'est l'aménagement des berges de Seine en rive gauche, entre le musée d'Orsay et le pont de l'Alma : en apparence, l'objectif est plaisant car il vise à redonner de l'espace aux piétons et à supprimer les voies sur berges à caractère autoroutier.

Reste que le projet de réaménagement oublie complètement le volet "transports en commun". Or, comme on le constate le dimanche, la circulation des voies sur berges se reporte sur le quai haut. Nul doute que la suppression de la chaussée basse entraînera une augmentation de la circulation sur la chaussée haute. Le projet ne prévoyant strictement aucun aménagement pour fiabiliser le service des autobus, leur performance en sera mécaniquement dégradée.

Ce point est - pour une fois à juste titre - dénoncé par l'opposition municipale : l'ancien premier ministre avait d'ailleurs bloqué le projet en partie pour ces raisons. Son successeur vient de confirmer - pour des questions de diplomatie politique au sein de la gauche - la position de la ville... Bref, quand la politique tourne le dos à l'intérêt général !

140412_63assemblee-nationaleQuai d'Orsay - 14 avril 2012 - Au débouché du pont de la Concorde, la circulation est souvent dense. La ligne 63 doit se frayer un chemin en sortant du contresens du boulevard Saint-Germain. La suppression de la voie sur berge accentura l'irrégularité de cette ligne à fort trafic. © transportparis

101211_83invalidesQuai d'Orsay - 10 décembre 2011 - A hauteur du pont Alexandre III, la circulation automobile est pour l'instant relativement calme, du fait de l'existence de la voie sur berges : sa fermeture et l'absence d'aménagement pour les autobus dégradera le service de transport public. © transportparis

Il serait grand temps que la ville de Paris comprenne que la circulation des autobus est une priorité absolue car il s'agit, pour l'instant, du mode de transport le plus économe en espace par rapport au nombre de voyageurs transportés. Le vélo est un mode de transport individuel  qui ne doit pas être survalorisé comme il l'est actuellement, et qui ne doit surtout pas gêner le service des transports en commun. Il est ainsi impensable qu'on ait accepté les vélos dans les couloirs de bus, ralentissant ceux-ci et créant un danger pour les cyclistes par les multiples croisements de trajectoire. La priorité devant aller au plus grand nombre, entre le bus et le vélo, c'est le bus qu'il faut favoriser.

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19 juin 2012

Réaménagement de la place de la République

Le projet de réaménagement de la place de la République à Paris prévoit une modification de la circulation des véhicules routiers. Le flanc nord-est de la place voit ses trottoirs agrandis pour créer une continuité avec le terre-plein central. Il accueille une double voie réservée aux autobus et aux cyclistes entre le boulevard Magenta et l'avenue de la République. La circulation automobile se fera dans les deux sens par le flanc sud. Le débouché de la rue du Faubourg du Temple sera livré aux piétons, avec une voie de passage maintenue pour la desserte et - on peut le deviner - la ligne 75 dans le sens Porte de la Villette - Pont Neuf.

020711_75republiquePlace de la République - 2 juillet 2011 - La ligne 75 traverse la place de la République sur son itinéraire Porte de la Villette - Pont Neuf. Le nouvel aménagement supprimera la traversée centrale pour constituer un vaste espace piétonnier autour de la statue à la gloire de la République. © transportparis

Le site Internet de la ville de Paris consacré au projet est toutefois assez discret sur la présentation des modifications apportées à la circulation des autobus : on y parle d'esthétique, de confort visuel et thermique... mais la commodité d'usage pour les nombreux usagers des lignes d'autobus n'apparaît pas de façon explicite : difficile de trouver un schéma par exemple avec l'implantation des arrêts, leur proximité avec les accès au Métro ou la facilité des correspondances entre lignes d'autobus.

On mesurera à l'usage le nouveau tracé des lignes, puisque selon toute vraisemblance, les lignes 56 et 65 bénéficieront du passage dans les deux sens par la nouvelle voie réservée dans les deux sens. Qu'en sera-t-il pour le 75 qui aujourd'hui traverse la place en son centre en direction du Pont Neuf ? Le tour de la place par son côté nord-ouest n'aura-t-il pas un effet sur le temps de franchissement ? Quel sera le tracé du 20 dans le sens Saint Lazare - Gare de Lyon ? Fera-t-il le détour par le flanc nord, ou restera-t-il sur le flanc sud plus direct ?

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Grands boulevards : double sens... pas pour les bus

Depuis le 18 juin, les grands boulevards (Saint Martin, Poissonnière et Bonne Nouvelle) sont à double sens. Mis en sens unique dans les années 1960 à l'époque où il fallait adapter la ville à la voiture, l'effet quasi autoroutier généré par ce sens unique avait accéléré le déclin de l'attrait de cet axe reliant la place de la République au carrefour Richelieu - Drouot, à deux pas de l'Opéra et des grands magasins du boulevard Haussmann.

La retour du double sens se caractérise par une voie de circulation ouest - est entre le boulevard de Sébastopol et la place de la République. Dans un second temps, en fin d'année, la section Richelieu-Drouot - Boulevard de Sébastopol sera également ouverte à la circulation dans ce sens.

L'itinéraire de la ligne 20 Gare Saint-Lazare - Gare de Lyon reste dissocié avec emprunt de la rue de Réaumur en direction de la gare de Lyon. L'aménagement final des boulevards aurait pu être l'occasion d'unifier l'itinéraire de cette ligne, ainsi que celui de la ligne 39 entre la rue de Richelieu et le boulevard de Sébastopol, s'il avait prévu des aménagements en faveur des autobus, et donc un peu plus contraignants pour la circulation automobile. Dommage...

 

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14 juin 2012

Le vidéoverbalisation dans les couloirs de bus ?

C'est un problème récurrent : le stationnement dans les couloirs d'autobus et sur les arrêts est un obstacle à l'amélioration du service. On peut constater que les aménagements réalisés sont souvent détournés de leur objectif premier par les livreurs, les taxis et les particuliers qui transforment les voies d'autobus en file de stationnement illicite. Le secteur Saint Lazare est un modèle du genre et il est rarissime qu'un autobus puisse emprunter l'intégralité des couloirs de la rue d'Amsterdam (entre la place de Clichy et la gare Saint-Lazare), la rue Saint-Lazare vers la Trinité, ou un peu plus loin la rue La Boétie entre les places Saint Augustin et Saint Philippe du Roule.

Déjà en 1964, la création du premier couloir quai de la Mégisserie avait provoqué l'opposition des automobilistes accusant la RATP de privatiser la voirie qui par définition devait appartenir à tout le monde et d'abord aux automobilistes.

La création de nombreux couloirs entre 2001 et 2010 a suscité les mêmes réactions, quoique parfois certaines n'étaient pas dénué d'un certain bon sens. L'inventeur des couloirs du boulevard Magenta, entre la place de la République et le boulevard de Rochechouart ferait bien d'expliquer pourquoi les voitures et les autobus ne cessent de se croiser, les voies de bus étant alternativement latérales ou axiales. Il y a aussi le boulevard Saint Marcel où, à force de chercher à contenter tout le monde, on n'a fait in fine que des mécontents.

On sera évidemment circonspect sur les motivations ayant conduit à la suppression du contresens de la rue Lafayette, au profit d'une piste cyclable, et des voies réservées sur la rue de Rennes.

Bref, on peut avoir l'impression qu'il n'y a plus grand monde pour défendre l'amélioration réelle de la circulation des autobus.

A Marseille, un système de verbalisation par caméra est testé depuis quelques jours : six caméras sont placés sur des lieux stratégiques, et une quinzaine supplémentaire est prévue. Un agent de la RTM est installé au PC de régulation du réseau routier et peut entrer en liaison avec des agents de police pour leur signaler l'obstruction de couloirs de bus par des véhicules en stationnement. L'objectif est d'augmenter la vitesse commerciale des bus, ce qui, par l'accélération de leur rotation, permet de faire d'importants gains de productivité à service au moins équivalent.

35 euros pour stationnement gênant et 135 euros sur le véhicule est dans un couloir réservé. Evidemment, les marseillais ne manqueront pas de grogner, mais il y a deux façons d'échapper à l'amende : se garer correctement ou être dans l'autobus.

A Paris, une expérimentation avait eu lieu en installant une caméra sur un autobus de la ligne 38, mais aucune suite n'avait été donnée, notamment en raison de certaines protestations syndicales. Pourtant, l'effet dissuasif d'une telle mesure aurait probablement été bénéfique pour le service public...

On n'ose chiffrer ce que donnerait une augmentation significative des verbalisations sur le réseau parisien : probablement de quoi payer de nombreux nouveaux aménagements pour améliorer encore la vitesse commerciale. Mais qui osera affronter l'automobiliste ?

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24 mai 2012

Un nouvel abribus à l'essai

La RATP a installé boulevard Diderot, devant la gare de Lyon, un démonstrateur d'un nouvel espace d'attente pour les usagers du réseau de bus. D'une surface de 85 m², contre 6 m² pour un abribus classique, il est voulu comme un concept expérimentant de nouveaux outils d'information (au demeurant assez réussis) et de nouveaux services.

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Si l'espace de location de vélos et l'espace "crossbooking" ne sont pas particulièrement essentiels, l'installation d'un distributeur de tickets est un point positif (gain de temps par la réduction des ventes à bord), de même que la lisibilité accrue des plans et schémas de ligne ainsi que l'écran affichant les temps d'attente des prochains bus, pouvant accueillir un message un peu plus précis que "service perturbé".

Esthétiquement, le concept est assez plaisant, on y retrouve quelques codes rappelant les entrées Guimard du métro, mais la surface occupée le limiterait aux principaux arrêts.

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04 mars 2012

Bus RATP : le STIF imprime sa marque

Les dernières livraisons d'autobus de la RATP arborent une nouvelle livrée marquée par l'arrivée du gris métallisé retenu par le STIF pour imprimer sa marque sur le matériel roulant dont il est désormais propriétaire.

L'application de cette teinte diminue la présence du blanc. Pour autant, cette décision n'a pas été l'occasion de repenser le positionnement du vert de l'exploitant, couleur largement ancrée dans les mémoires comme étant celle du réseau parisien. Selon les types de matériel, la part de vert peut se retrouver réduite à la portion congrue. Cette forte prédominance de gris et de noir, que les communicants considèrent comme des couleurs nobles et les usagers comme des couleurs tristes, est accompagnée d'une frise sur les baies vitrées, avec le logo du STIF, qui vient gêner la vision extérieure depuis les places assises. On peut aussi s'interroger sur les conditions de maintenance de cette frise lors du remplacement des vitres.

240212_32trinitePlace de la Trinité - 24 février 2012 - Le Citélis n°8521 arborant la nouvelle livrée marquée par la prédominance du gris métallisé du STIF et le report du logo de la RATP au-dessus de la porte avant. Sur ce service partiel, le texte de la girouette est fixe : miracle !

Dans Paris, c'est la ligne 32 Gare de l'Est - Porte d'Auteuil qui inaugure cette série de matériel. En banlieue, outre évidemment les lignes des réseaux Optile qui virent au gris métallisé depuis près de trois ans, du côté de la RATP, les lignes 207, 317 et 388 voient arriver de nouvelles voitures ainsi revêtues.

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05 décembre 2011

Programme d'amélioration de la circulation pour le 31

La ligne 31 relie la gare de l'Est à la place de l'Etoile par la mairie du 18ème, la rue Ordener, le carrefour Guy Moquet et la gare de Pont Cardinet. Ligne de rocade intra parisienne longue de 7,6 km avec 23 arrêts, elle transporte environ 35 000 voyageurs par jour avec une vitesse moyenne de 10,3 km/h. Elle est l'une des rares lignes du réseau de bus exploité par la RATP à bénéficier d'autobus articulés.

020310_31magenta-lafayetteBoulevard Magenta - 2 mars 2010 - Malgré les aménagements réalisés sur ce boulevard, la circulation des autobus y reste difficile en raison d'un slalom permanent entre des couloirs latéraux et centraux cristalisant le mécontentement... © transportparis

Cette performance très moyenne de la ligne 31 s'explique par des arrêts très rapprochés et une circulation rendue difficile par l'étroitesse des rues empruntées, notamment entre le carrefour Marcadet - Poissonniers et la rue Cardinet, l'irrespect de la réglementation sur le stationnement, avec une certaine mansuétude des forces de police face aux contrevenants, et la difficulté d'insérer des voies réservées.

Le programme Mobilien sur la ligne 31 prévoit de retravailler 10 carrefours pour faciliter l'insertion des autobus, la création d'un couloir d'approche sur la rue Cardinet et d'un autre entre la place des Ternes et le terminus de l'Etoile. Les arrêts seront aménagés sur la voirie avec des quais permettant d'assurer l'accessibilité et évitant aux autobus d'attendre qu'un automobiliste daigne respecter le code de la route pour le laisser s'insérer.

Malheureusement, il n'est pas encore prévu de reprendre l'aménagement sur les boulevards Barbès et Magenta, qui constituent encore aujourd'hui des points noirs : sur cet axe fortement chargé, le bon sens voudrait qu'un site propre axial soit implanté de sorte à rendre plus lisible l'aménagement qui aujourd'hui fait l'unanimité contre lui puisque les voies réservées sont tantôt latérales, tantôt centrales.

Cela dit, le bon sens aurait aussi voulu que sur un autre projet Mobilien, celui de la ligne 26, on ne supprime pas le couloir à contrensens obtenu de haute lutte sur les rues Lafayette et de Châteaudun, qui unifiait l'itinéraire entre les gares Saint-Lazare et du Nord. Mais la mairie de Paris a préféré favoriser un moyen de transport individuel, le vélo, en créant une piste cyclable à l'emplacement de la voie d'autobus. Bel exemple de politique en faveur des transports en commun...

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06 avril 2011

Bus : le réseau parisien vraiment accessible ?

De beaux adhésifs sur les vitres des autobus, des véhicules neufs avec plein de bip et de buz, tout le monde était content : le réseau de bus parisien est déclaré accessible aux personnes à mobilité réduite. Ce serait trop beau pour être vrai. En réalité, le réseau de bus est théoriquement accessible. Dans la pratique, c'est une autre paire de manches.

A partir du moment où les couloirs de bus ne sont pas respectés et que la Préfecture de Police laisse les livraisons se faire dans l'anarchie la plus totale empêchant les autobus d'approcher des trottoirs, l'accessibilité du réseau reste une vue de l'esprit et du miel pour attraper les abeilles.

Or quand une ligne est déclarée accessible, c'est à tous les arrêts et en toutes circonstances : il revient à la Préfecture de Police de faire respecter la loi ("Nul n'est censé ignorer la loi" surtout celui qui la fait... et a fortiori celui qui doit l'appliquer).

Cela dit, on préfère verbaliser un dépassement de 5 minutes de stationnement payant plutôt que de nettoyer les arrêts de bus à Saint-Lazare et les  couloirs environnants (rue d'Amsterdam, rue de Rome, rue Saint Lazare) qui peuvent concentrer plus 200 véhicules en situation illicite justifiant un enlèvement immédiat.

D'où cette question bien légitime : mais que fait la police ?

Quant à la ville de Paris, elle s'occupe de pirater les couloirs de bus pour y installer les vélos... Elle a même récemment demandé plus de discernement à la Préfecture de police concernant les mises en fourrière des automobiles mal garées. La Préfecture répond qu'un tiers des demandes d'enlèvement est satisfaite soit un peu plus de 243 000 enlèvements pour 668 000 demandes.

Il faudrait donc au contraire, augmenter le nombre d'enlèvements de sorte à ce que les autobus ne soient plus tributaires de comportements individualistes et que l'accessibilité ne se limite pas à une étiquette et une jolie affiche mais devienne une réalité quotidienne !

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