05 janvier 2017

CDG Express : quel exploitant ?

La loi jetant les bases juridiques de CDG Express est passée juste avant de refermer 2016 : une filiale commune à SNCF Réseau et Aéroports de Paris. Le montage financier reste encore à préciser d'autant que la taxe sur les billets d'avion décollant et aterrissant à Roissy a été reportée à 2024 c'est à dire après la mise en service de la liaison. L'Union Européenne devra valider ce montage, qui engage l'Etat mais aussi SNCF Réseau, qui apportera 250 M€, violant ainsi par anticipation la règle d'or, avant que l'Etat puisse signer la Déclaration d'Utilité Publique et le contrat de concession.

Pour l'exploitation, l'Etat lancera prochainement un appel à manifestation d'intéret. Le cahier des charges de l'appel d'offres sera bouclé d'ici cet été. La RATP et la SNCF seront sur les rangs, mais sous quelle forme : ensemble dans une co-entreprise ? séparées en concurrence frontale ? ou par le biais de leurs filiales RATP Dev et Keolis ? Quels seront les challengers ? Transdev ? Quelles seront les surprises ? Verra-t-on le chinois MTR déjà lauréat sur Crossrail à Londres tenter l'aventure française ? D'après Les Echos, la RATP et la SNCF seraient handicapées par leur présence sur le RER B et le risque de voir les deux liaisons vers Roissy perturbées en cas de mouvement social dans l'une ou l'autre des entreprises, voire les deux, d'où la tentation de jouer le carte d'un autre opérateur. Suite au prochain épisode...

Posté par ortferroviaire à 10:06 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


05 juin 2014

CDG Express : le vrai nouveau départ ?

Maintes fois annoncé, à peu près aussi souvent enterré, le projet de liaison directe CDG express semble une nouvelle fois reprendre son envol - mais pour combien de temps - à la faveur du lancement d'un nouveau partenariat entre Réseau Ferré de France et Aéroports de Paris pour relancer le projet, mais surtout pour reprendre les études menées depuis plus de 10 ans et boucler un financement qui devra se priver de subvention publique. Par ailleurs, la nouvelle structure devra aussi reprendre les prévisions de trafic et intégrer l'hypothèse de desserte de l'aéroport de Roissy non seulement par CDG express mais aussi par la ligne 17 du métro automatique. Une concurrence - virtuelle pour l'instant - qui risque de peser lourd.

Il faudra aussi mobiliser le financement. Initialement (sous-) évalué à 900 M€, CDG express atteint désormais 1,8 MM€ si on prend en compte l'actualisation du coût aux conditions économiques actuelles (500 M€), l'acquisition du matériel roulant et un complément d'infrastructure non identifié à l'origine (notamment pour l'exploitation pendant les travaux, la réception en gare de l'Est). Le renchérissement du coût du projet pose la question des recettes et selon RFF, il manquerait au moins 20 M€ par an pour couvrir les recettes d'exploitation. Une nouvelle taxe de 1 ou 2 € sur les billets d'avion au départ et à l'arrivée de Roissy est envisagée... mais n'enchante pas vraiment Air France.

Quant aux élus régionaux, ils sont vigilants et rappellent que les projets de modernisation de RER ne doivent pas être retardés par CDG express, qu'on annonce en 2023.

Il n'en demeure pas moins que les conditions d'accès à Roissy ne sont pas réjouissantes et que les promesses de RER B Nord+ sont très loin d'être tenues : la régularité ne s'est pas substantiellement améliorée et les temps de parcours sont nettement au-delà de ce qui était annoncé.  La mise en oeuvre d'une liaison rapide, fiable et fréquente entre Paris et Roissy reste nécessaire : l'accès à Paris Est demeure toujours son talon d'Achille, mais une reprise supposerait d'une part la faisabilité opérationnelle d'un accès à la gare du Nord, et une reprise de l'enquête publique. Deux facteurs d'un nouveau retard et d'un renchérissement mécanique du projet...

Posté par ortferroviaire à 10:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 janvier 2014

CDG Express : peut-on y croire ?

Nouvelle annonce d'une relance du projet CDG Express. Le principe de la liaison entre la gare de l'Est et l'aéroport de Roissy par les voies directes entre Paris et Villeparisis puis par une ligne nouvelle longeant la LGV d'interconnexion n'est pas remis en cause, d'autant qu'il a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique. Toutefois, la mise en service n'est pas attendue au mieux en 2023. Le coût de l'opération est estimé à 1,8 MM€. Il est envisagé de recourir à une taxe sur les billets d'avion pour le financer.

Le projet sera porté par une société commune entre RFF et Aéroports de Paris à laquelle l'Etat pourrait participer. Exploité sans subvention publique contrairement au réseau RER et Transilien, CDG Express devra équilibrer ses coûts par les recettes tarifaires, avec un billet à 24 €.

Quant au titulaire de l'exploitation, la SNCF et la RATP envisagent de monter une entreprise commune qui de plus devra probablement fournir le matériel roulant.

Posté par ortferroviaire à 14:58 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 août 2013

CDG Express : vers une solution de financement

On croit toujours le projet moribond et pourtant, il refait épisodiquement surface dans l'actualité des transports parisiens. Alors que le RER B s'apprête à changer d'époque avec la mise en service des nouvelles installations et de la nouvelle desserte "B Nord+", le projet de liaison directe entre Paris et Roissy reste au point mort.

Malmené par l'apparition du Grand Paris Express, chahuté sur son coût, le principe de la concession et l'arrivée envisagée Gare de l'Est, CDG Express pourrait donc être relancé  avec la recherche de financement placée sous l'égide des Aéroports de Paris. L'hypothèse de taxe sur les billets d'avion est envisagée. Elle rapporterait 400 M€, mais ne serait mise en place qu'après la mise en service de la liaison, pour le remboursement des emprunts. Le service serait en outre facturé 24 € afin que les recettes couvrent les charges d'exploitation. Aux origines du projet, le coût estimé du billet était de 15 €.

Les modalités techniques du projet seraient bien placées sous la maîtrise de la SNCF, de la RATP et de RFF,après l'échec des négociations dans le cadre de la concession avec Vinci. L'hypothèse d'un départ reporté Gare du Nord ne semble plus d'actualité puisqu'elle contrarierait la Déclaration d'Utilité Publique, mais pour autant, le projet reste encore dans le vague le plus complet.

Si RER B Nord+ améliorera significativement les conditions d'accès à Roissy pour les employés de l'aéroport et de la zone logistique qui l'entoure, l'accès des voyageurs aux aéroports parisiens reste toujours une faiblesse du système de transports parisiens. Désormais, l'hypothèse d'un CDG Express avant 2020 devient peu réaliste, et la desserte par le Grand Paris Express n'est pas prévu dans les premières phases, rendant sa réalisation conditionnée à la pérennité du projet dans le temps.

Posté par ortferroviaire à 16:44 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,