Dans le projet de tangentielle Ouest, c’est une perspective à un terme d’autant plus éloigné que les deux premières phases ont déjà pris un retard assez conséquent. L’intention d’aller au nord d’Achères n’apparaît pas dans la seconde. Il y a finalement peu de discussions sur ce sujet depuis le début des années 2010.

Ce qui serait l’ultime phase du projet présente aussi le défaut d’être aujourd’hui tributaire d’un important projet routier, l’achèvement de la Francilienne, entre Méry sur Oise et Orgeval (A104), de sorte à requalifier la RN184 entre Achères et Conflans Sainte Honorine et d’y insérer le tram-train.

Néanmoins, ce projet est assez contesté et ne figure pas dans les orientations à 20 ans du Conseil d’Orientations sur les Infrastructures.

Par conséquent, le projet d’extension de T13 jusqu’à Cergy serait lui aussi repoussé d’autant, ce qui ne semble pas forcément une perspective souhaitable dans une politique visant à réduire progressivement l’emprise quotidienne de l’automobile.

Le présent dossier ouvre le débat sur les possibilités d’affranchir la section Achères – Cergy de lourds aménagements routiers.

Le tram-train complémentaire du RER

« A quoi servirait une ligne ferroviaire légère parallèle au RER ? ». C’est la question qu’on peut souvent entendre à l'évocation de cette troisième phase du projet TGO. Deux réponses pour commencer :

  • L’importante fréquentation du RER A n’est plus à démontrer ;
  • Le maillage de l’agglomération de Cergy-Pontoise est tout de même limité, et toute la moitié sud-ouest, où la croissance de la population fut importante au cours des 25 dernières années, est à l’écart du tracé du RER.

La vocation de cette section de T13 est donc toute trouvée. Elle se résume en trois actions : mailler, compléter, rabattre

Une première piste : commencer par Cergy et ses nombreuses opportunités

C’est évidemment une approche simpliste : si ça coince d’un côté, autant commencer de l’autre. Conséquence immédiate : il faut envisager un atelier de maintenance. Ce n’est pas forcément rédhibitoire compte tenu de l’éloignement du site de Versailles établi dans la première phase de la ligne T13.

Le tracé qui semble devoir s’imposer s’inscrit essentiellement sur le boulevard de l’Oise, sur les communes de Cergy, Vauréal et Jouy le Moutier, pour desservir ces communes en maximisant la population touchée dans une bande de 400 m de part et d’autre de ce tracé.

A Jouy le Moutier, se pose immanquablement la question du rabattement vers le RER A, afin de boucler symboliquement la boucle avec celui-ci, proposant ainsi des correspondances aux deux extrémités. Rejoindre la gare de Neuville-Université semble donc assez logiquement s’imposer par le simple argument de la proximité.

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Gare de Neuville-Université - 27 octobre 2008 - Parmi les connexions recherchées, la gare du RER A de Neuville-Université, ne serait-ce que pour l'accès à l'IUT de Cergy, lui-même générateur d'un trafic assez conséquent. © transportparis

Le boulevard d’Ecancourt apparaît tout désigné, tant par sa largeur suffisante que sa position centrale. On privilégiera ensuite le franchissement de l’Oise par la RD55, le passage par le centre du village de Neuville semblant trop complexe. La RD48E donne ensuite accès à la gare de Neuville-Université : le premier objectif est atteint… mais donne quelques idées : la gare d’Eragny-Neuville, sur la ligne Transilien J (groupe VI, mission Paris Saint Lazare – Pontoise) est à 960 m à vol d’oiseau. C’est tout de même tentant, d’autant que, comme on le verra par la suite, la correspondance sur le groupe VI à Conflans Sainte Honorine semble malheureusement vouée à l’échec.

Donc en continuant sur la RD48E puis en remontant sur un délaissée de la RN184, il devient possible d’approcher la gare d’Eragny-Neuville par les rues du Papier Couché et de la Papeterie.

Reste tout de même à statuer sur la connexion au RER A à Cergy, car le boulevard de l’Oise n’offre aucune connexion vraiment naturelle… sauf à Cergy Préfecture, la gare située à l’entrée Est de l’agglomération (pas si) nouvelle.

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Cergy - Boulevard de l'Hautil - 29 juin 2017 - Dans la ville nouvelle, les voiries ciblées sont généralement d'une grande largeur : l'insertion d'un tramway s'y ferait sans difficultés et avec la perspective d'une vitesse moyenne assez élevée. © S. Couvrat

Venant de Vauréal, il semble tout de même logique de se rabattre au plus tôt sur le RER, au terminus de Cergy le Haut. On pourra donc proposer d’emprunter les boulevards du Golf et d’Erkath, puis d’arriver par l’ouest sur le pôle d’échanges de Cergy le Haut.

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Cergy - Boulevard de l'Evasion - 13 février 2015 - Arrivée d'un Citélis 18 du réseau STIVO dans la gare routière du terminus du RER à Cergy le Haut, qui serait dans notre proposition un des points névralgiques du réseau de tramway de l'agglomération. © transportparis

La partie nord de l’agglomération et du boulevard de l’Oise ne manquent cependant pas d’intérêts pour améliorer la couverture de ce territoire, en particulier l’accès à l’université et à la préfecture du Val d’Oise. Le tracé proposé fera tout de même une infidélité au boulevard de l’Oise en lui préférant l’avenue du Nord sur le cadran nord-est du territoire, avant de le rejoindre au nord de la gare de Cergy Préfecture. En passant sous le centre commercial des Trois Fontaines, se dégage non seulement une opportunité de maillage intéressant de Cergy, mais on ne manquera pas de noter que la gare de Cergy Préfecture n’est qu’à 1500 m de celle de Pontoise.

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Gare routière de Cegy Préfecture - 20 avril 2016 - C'est le point central de la ville nouvelle avec au passage tous les classiques de la conception urbaine des années 1970 : dalle piétonne, voies routières souterraines, espaces très minéralisés, nombreuses passerelles piétonnes. Dans notre proposition, le tramway emprunterait la voie sous dalle située à droite du cliché. © S. Couvrat

De quoi enfin réunir de façon solide la ville nouvelle de Cergy et la ville historique de Pontoise. Est-il besoin de développer l’intérêt des correspondances sur le RER C, les lignes Transilien J (groupe VI) et Transilien H (missions Paris Nord – Pontoise mais aussi Pontoise – Creil)

Faut-il vraiment rejoindre Achères ?

Vous l’aurez compris, en commençant par Cergy, et en tirant – à peine – sur la pelote de laine, on en arrive à amorcer un réseau de deux lignes à vocation locale : Cergy le Haut – Eragny-Neuville et Cergy le Haut – Pontoise.

On s’est quelque peu éloigné de la T13 et de l’objectif initial : rejoindre Achères. On y vient.

Pour relier ce qui pourrait donc apparaître le réseau de tramways de Cergy-Pontoise, il faudrait donc utiliser l'emprise de la RN184, qui restera assurément un axe à fort trafic, mais dont on peut imaginer une requalification en boulevard urbain un peu plus civilisé pour accueillir le prolongement de T13.

Comme déjà dévoilé précédemment, emprunter cette emprise routière condamne toute quête de correspondance, que ce soit à Conflans Sainte Honorine, la gare principale de la ligne J (bifurcation vers Mantes la Jolie et Pontoise), ou à Conflans Fin d’Oise, connectant la branche mantoise et le RER A. Qui plus est, la desserte de la ville ne concernerait qu’une zone plutôt pavillonnaire, à l’écart du centre urbain, situé à près d’un kilomètre de la RN184. Une fois franchie la Seine, toujours sur l’emprise de la RN184, le tram-train peut emprunter la RD30 et rejoindre la gare d’Achères Ville et le reste de la ligne T13.

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L'absence de connexion aux gares de Conflans mais aussi un tracé à l'écart du centre-ville ne jouent pas en faveur de la jonction entre Achères et l'amorce de réseau cergy-pontin. S'il fallait cependant la réaliser, il faudrait donc requalifier la RN184 en boulevard urbain, demeurant à grande circulation, et se pencher sur les modalités de franchissement de la Seine par un ouvrage parallèle car il n'est pas avéré que l'actuel puisse supporter la charge ou voir son tablier élargi. Enfin, sur le strict plan de l'exploitation, il y aurait aussi probablement nécessité de scinder l'exploitation à Achères, compte tenu de la longueur de la ligne, surtout depuis Saint Cyr (pour quel usage d'ailleurs) ou même depuis Saint Germain en Laye.

En conclusion, la perspective - lointaine - d'une troisième phase de T13 vers Cergy pourrait être durablement amorcée par la constitution d'un réseau de tramways local, évidemment conçu au gabarit 2,65 m (au cas où), s'appuyant sur une relation Eragny-Neuville - Neuville-Université - Jouy le Moutier - Vauréal - Cergy le Haut - Cergy Préfecture - Pontoise (Canrobert)