Le RER E assure la desserte de la zone dense et la ligne P a pour vocation de desservir les territoires plus éloignés et de plus faible densité d’habitat.

Le service de la ligne P est actuellement assuré par :

  • une mission Meaux tous les quarts d’heure en pointe, toutes les demi-heures en journée, desservant toutes les gares de Chelles à Meaux ;
  • une mission Château-Thierry toutes les demi-heures en pointe et à l’heure en journée, directe de Paris  à Meaux;
  • une mission Coulommiers à la demi-heure en pointe et à l’heure en journée, directe de Paris à Tournan ;
  • une mission Provins à même fréquence, directe de Paris à Verneuil d'Etang ;
  • une mission Meaux – La Ferté Milon toutes les heures, renforcée par une mission dérogataire comprenant 2 trains par pointe sans arrêt de Paris à Meaux ;
  • la navette Esbly – Crécy assurée avec une rame de tram-train toutes les demi-heures en pointe et à l’heure en journée.

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Chelles - 13 avril 2013 - Les Francilien sont venus remplacer les RIB sur la banlieue Est, mais aussi libérer des Z2N pour assurer les besoins d'autres lignes, notamment le RER D. La perte de capacité est sèche (160 places), ce qui pourra sérieusement poser question dans les années à venir puisqu'on constate déjà des problèmes de capacité. © transportparis

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Quelles évolutions sur le RER E à l’est ?

Le dossier principal est évidemment celui du prolongement du RER E au-delà du terminus Haussmann Saint Lazare : les actuelles missions Chelles, Villiers sur Marne et Tournan rejoindront Nanterre La Folie via Porte Maillot et La Défense. Pour les voyageurs de la branche de Chelles, l’accès direct à La Défense évitera une correspondance sur le RER A à Auber ou sur la ligne L à Saint Lazare. Pour ceux de la branche Tournan, le prolongement supprimera la correspondance à Val de Fontenay pour rejoindre le quartier d’affaires.

Cependant, les prévisions de trafic sur la partie Est du RER E montrent qu’indépendamment du prolongement, la charge des trains deviendra de plus en plus élevée. A offre constante, les taux d’occupation des trains devraient atteindre 100% et placer la ligne dans une situation tendue, qui ne pourra être résolue qu’avec une réflexion sur l’offre et notamment la création de nouvelles missions. Sur la branche de Chelles, deux solutions sont envisageables. La première consisterait à créer une mission pour Lagny. La seconde positionnerait le terminus de la nouvelle mission à Gagny. Dans tous les cas, une troisième mission terminus Chelles ne serait envisageable qu’à condition de modifier en profondeur les installations actuelles du terminus de Chelles.

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Emerainville - 17 mars 2015 - Croisement d'un RER E filant vers Tournan et d'un Provins - Paris assuré en AGC. Emerainville se situe à l'origine d'une courte section à 4 voies. Le prolongement de la mission Villiers sur Marne du RER E impliquerait la mise à 3 voies de la ligne de Villiers à Emerainville. © transportparis

Sur la branche de Tournan, le prolongement de la mission Villiers sur Marne à Roissy en Brie avec la création d'une troisième voie de Villiers sur Marne à Emerainville devrait être concrétisé.L'objectif est de mieux répartir la charge entre les missions du fait de l'augmentation sensible de la fréquentation des gares au-delà de Villiers sur Marne.

Au-delà, une troisième mission pourrait être créée au moins jusqu’à Val de Fontenay, en utilisant le sas central situé entre les deux voies principales de l’intergare Val de Fontenay – Nogent Le Perreux. Le prolongement de cette mission jusqu’à Nogent Le Perreux impliquerait la modification difficile du plan de voies pour utiliser le quai inutilisé côté Nogent, dont l’accès depuis Paris nécessite le cisaillement à niveau des 4 voies. Un saut de mouton est quasiment impossible, l’autoroute A86 extérieure passant sous les voies à cet endroit.

Les correspondances avec le Grand Paris Express

L’autre sujet est évidemment lié aux correspondances avec le métro Grand Paris Express et à la section Rosny Bois Perrier – Champigny de la ligne 15, parallèle au RER E. La troisième mission Val de Fontenay pourrait offrir 7500 places supplémentaires par heure, ce qui couvrirait assez largement les besoins. Cependant, boucler la boucle du métro a aussi du sens.

Toujours sur cette branche, il sera difficile de ne pas rappeler que la ligne 15 passe au pied de la gare de Villiers sur Marne, sans créer de stations alors que la gare dite « Bry Villiers Champigny » semble osciller autour de 350 M€ : pour environ 70 M€, il semble possible de créer une 4ème voie en gare de Villiers sur Marne, avec un nouveau bâtiment voyageurs et des cheminements adaptés vers une station de métro souterraine située en cœur de ville.

Autre cas de correspondances structurantes : Bondy avec la ligne 15 et Chelles avec la ligne 16. Dans le premier cas, le RER E est bien calibré et les évolutions évoquées ci-dessus devraient aller dans le bon sens. Il ne semble pas véritablement nécessaire d'envisager un arrêt à Bondy des missions de la ligne P pour créer une correspondance avec la ligne 15, justement par l'existence d'une possibilité de correspondance avec la ligne 16 à Chelles permettant aussi d'accéder au secteur de La Plaine Saint Denis sans passer par Magenta / Gare du Nord. Certes, pour les autres destinations de la ligne 15, il faudra en passer par une correspondance de plus...

Donc la correspondance entre la ligne P et la ligne 16 sous-entend un potentiel réexamen de la desserte de la première pour intensifier les correspondances avec la seconde. La mission Paris - Meaux, omnibus de Chelles à Meaux, est déjà compatible avec cette connexion. Restent donc les missions de Château-Thierryet de La Ferté-Milon. Pour ces dernières, la proposition au chapitre suivant (moyennant l'électrification de Trilport - La Ferté Milon) traitera la question. Pour Château-Thierry, c'est un peu plus complexe : la simplicité serait de maintenir la desserte directe de Paris à Meaux comme aujourd'hui, mais pointe à l'horizon le spectre du renouvellement des Z2N. Si Transilien et/ou Ile de France Mobilités avaient l'idée de profiter de la queue du marché Francilien avant que celui-ci ne soit cloturé pour généraliser ces rames sur la ligne P, il faudrait réexaminer la desserte car le remplacement des UM Z2N hybrides (une rame de 5 caisses + une rame de 4 caisses) par des UM de Francilien en version 112 m engendrerait un déficit de capacité. Celui-ci ne pourrait être compensé que par des circulations supplémentaires pour a minima préserver la capacité actuelle en places assises, justifiée par la longueur des trajets.

Qui dit circulations supplémentaires dit réexamen du schéma capacitaire et éventuellement modification de la politique d'arrêt : quelles seraient les conséquences d'un arrêt supplémentaire sur les missions La Ferté Milon et Château-Thierry à Chelles pour desservir Chelles ? Un sujet à examiner sous un autre angle à une échelle bien plus vaste que la banlieue parisienne : la ligne Paris - Strasbourg étant un axe européen, elle fait partie du réseau central ayant vocation à être équipé en ERTMS niveau 2, dont il faudra évaluer le bénéfice capacitaire pour l'ensemble des circulations, tant entre Paris et l'entrée de la LGV Est (insertion de l'arrêt à Chelles nécessitant de décaler les sillons concernés sur les voies Bis dans cette gare) qu'entre Vaires et Meaux sur la section à deux voies.

Eliminer la traction Diesel en Ile de France

L’autre dossier de transportparis sur le réseau Est consiste en l’élimination de la traction Diesel sur les sections Trilport – La Ferté Milon et Gretz – Provins.

Dans le premier cas, il s’agit en réalité de soulager l’exploitation de la gare de Meaux en diminuant drastiquement le nombre de trains terminus. Ainsi, l’électrification de ces 32 km permettrait le prolongement de la moitié des trains Paris – Meaux (soit un toutes les 30 min en pointe, un toutes les heures en journée) à La Ferté Milon, et par conséquent de l’intégralité des navettes assurées en AGC depuis Meaux, positionnées en correspondance sur les trains de Château-Thierry directs entre Paris et Meaux. La perte de temps due à la desserte des gares de Chelles à Meaux serait compensée par l’économie du délai de correspondance de 8 minutes. Si les Franciliens seraient surcapacitaires entre Trilport et Meaux, le bénéfice pour l’exploitation d’une gare de Meaux ne gérant qu’un terminus par demi-heure serait net. En outre, en éliminant les AGC à plancher bas, il serait possible de rendre accessible la gare de Meaux par rehaussement des quais, ce qui n’est pas possible tant que deux hauteurs de plancher persistent dans cette gare à 3 voies.

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Crouy sur Ourcq - 31 août 2010 - La navette Meaux - La Ferté Milon a adopté l'AGC largement suffisamnt par rapport aux besoins de cette ligne à l'extrême nord-est de la Seine et Marne. En revanche, le devenir des 2 allers-retours directs vers Paris, toujours assurés en RIB+67400 fait toujours question car l'AGC se retrouve insuffisamment capacitaire entre Trilport et Paris. © transportparis

Le sillon dérogataire Paris - La Ferté Milon pourrait être reconverti en renfort de la mission Château-Thierry, par exemple sous la forme d'une liaison Paris - La Ferté sous Jouarre, desservant Chelles et toutes les gares à partir de Meaux.

Dans le cas de Gretz – Provins, l’objectif serait la création d’un arrêt dans la gare de correspondance avec la ligne 15 du Grand Paris, gare qui sera dotée de quais hauts, donc non compatibles avec les AGC. Comme il n’existe pas de matériel bimode à plancher haut, et qu’une rame Francilien munie de batteries capables de circuler à 140 km/h sur plus de 35 km semble assez peu probable, l’électrification serait le levier autorisant non seulement un gain de capacité totale sur Paris – Provins, mais aussi la création d’un arrêt, que transportparis suggère à Villiers sur Marne, en cohérence avec ce que nous avons écrit précédemment. Villiers sur Marne disposerait alors de trains directs pour Paris en 16 minutes environ, pouvant compenser une desserte du RER E plus lente du fait de la création d’arrêts à Rosny Bois Perrier et Noisy le Sec sur les missions Tournan pour maillage avec la ligne 11 (le premier entraînant mécaniquement le second).

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Provins - 6 mars 2009 - Les AGC sur Paris - Provins ont été les premiers à utiliser au quotidien leur bimodalité pour diminuer l'usage de la traction Diesel à Paris et en proche banlieue. L'électrification de la ligne reste annoncée : un projet très politique aux fondements techniques plus incertains. A minima, elle permettrait d'augmenter la capacité des trains (les UM3 étant en limite de capacité à la pointe) et de créer un arrêt en correspondance avec la future ligne 15. Mais le ticket d'entrée est assez onéreux... © transportparis

Il faudra enfin se pencher sur la performance des entrées à la gare de l’Est car aujourd’hui, le dernier kilomètre est parcouru presque intégralement à 30 km/h, pour viser si possible des accès à 60 km/h au moins jusqu’au pont de la rue Lafayette, et à 40 km/h dans le faisceau d’entrée. Un réexamen dans le cadre de l’arrivée de CDG Express en gare de Paris Est serait intéressant.

Les effets collatéraux de CDG Express

Il ne faut pas oublier que le projet de liaison rapide entre Paris et l'aéroport de Roissy a son origine à Paris Est, l'étude capacitaire sur Paris Nord ayant conclu de façon négative. Particularité, c'est bien la commande centralisée de Paris Nord qui tiendra les commandes des voies CDG Express à Paris Est ce qui impose un cloisonnement du service. La demande initiale portait sur 4 voies à quai côté Alsace, ce qui fait riche pour un service au quart d'heure. En conséquence, CDG Express viendra donc contraindre la gestion de la gare. Il y a certes un peu de réserve, d'autant que justement, les réserves de TGV et de Transilien sont en partie positionnées à quai. Pour l'Ile de France, c'est surtout le fait qu'il n'y a paradoxalement pas assez de trains en heures creuses : le stationnement prolongé des rames à quai du fait d'une cadence 30 ou 60 minutes ne poserait pas problème. Aujourd'hui, il interroge, mais les garages / dégarages accentueraient le nombre de mouvements techniques pour des périodes assez courtes. Pas forcément mieux...

Quant aux TGV, il y a probablement moyen d'améliorer la rotation des rames, mais on n'en prend pas le chemin : objectif d'afficher la voie une demi-heure avant le départ, contrôle d'embarquement... sans compter Ouigo ô combien gourmand en espace et en capacité à quai dans les gares !

Synthèse des propositions

  • Evolution de l’offre du RER E avec une 3ème mission Gagny sur la branche de Chelles et Val de Fontenay ou Nogent Le Perreux sur la branche de Tournan
  • Création d’une troisième voie de Villiers à Emerainville, pour le prolongement des missions Villiers sur Marne à Roissy en Brie pour délester la mission Tournan
  • Correspondance RER E – ligne P – ligne 15 à Villiers sur Marne au lieu d’une nouvelle gare « Bry Villiers Champigny »
  • Electrification Trilport – La Ferté Milon avec prolongement d’un train sur deux de la mission Meaux, suppression des navettes et transformation des sillons dérogataires Paris – La Ferté Milon, qui seraient transformés en une mission pour La Ferté sous Jouarre
  • Création d’un arrêt à Villiers sur Marne sur la mission Coulommiers pour la correspondance avec la ligne 15 du Grand Paris Express (abandon du projet de gare « Bry Villiers Champigny »)
  • Electrification Gretz – Provins pour augmenter la capacité d’emport sur Paris – Provins et autoriser un arrêt à Villiers sur Marne par une exploitation en Francilien
  • Etude de l'insertion d'un arrêt à Chelles sur la mission Château-Thierry, en lien avec l'arrivée de la ligne 16 du Grand Paris Express et le déploiement d'ERTMS niveau 2 sur l'axe Paris - Strasbourg

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Nanteuil-Saâcy - 20 avril 2011 - Les Z2N assurent impérativement les missions Château-Thierry. Cette desserte au long cours déborde des limites administratives de l'Ile de France du fait d'un périmètre technique de Transilien fondé sur la position des terminus. Si en heures creuses, 4 caisses suffisent, en pointe, les trains sont formés de 9 voitures (une rame de 5 voitures et une rame de 4 voitures), le maximum admissible sur les voies de Paris Est. © transportparis

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