14 mars 2017

Il y a 80 ans, la fin des tramways parisiens

14 mars 1937 : une date connue de tous les amateurs de tramways et de ceux qui s'intéressent aux transports parisiens. Ce jour-là, le service de la ligne 123/124 Porte de Saint Cloud - Cours de Vincennes était pour la dernière fois assuré en tramway. Le lendemain, les autobus livrés par Renault prenaient la relève. Des véhicules de 40 places succédaient à des tramways, âgés d'à peine plus de 15 ans, qui pouvaient en transporter 120... et on appelait cela le progrès !

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Paris - Cours de Vincennes - 14 mars 1937 - Dernier jour d'un condamné. Une photo bien connue pour un enterrement honteux, sans fleurs ni couronne. Un gâchis considérable dont les transports parisiens paient encore le prix 80 ans plus tard... (collection RATP)

Victime du lobby automobile en général, et de celui des usines Renault en particulier, le plus grand réseau de tramways du monde, devançant de peu celui de New York, avait été balayé en un peu plus de 10 ans seulement. Certes, il y avait le métro... mais dans Paris uniquement. Conséquence, on assista à une augmentation soutenue de la fréquentation du métro, plus rapide que le rythme des extensions, du fait du report des voyageurs de la surface vers le réseau souterrain. Il n'est pas exagéré de considérer que, 80 ans plus tard, une des causes de la forte fréquentation - et parfois de la saturation - du métro aujourd'hui vient de l'absence de tramways en surface, c'est à dire du manque de performance, de régularité et de confort de l'offre d'autobus.

Le retour du tramway, depuis 1992, est réel, appréciable et salutaire, mais le rythme est trop lent (il est plus facile de détuire que de construire) et le maillage insuffisant. Bilan, les nouveaux tramways saturent.

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Saint Denis - Boulevard Marcel Sembat - 23 avril 2015 - C'est pour l'instant le dernier né des nouveaux tramways parisiens. Le T8 relie Saint Denis à Epinay et Villetaneuse, desservi par des Citadis 302 à la livrée associant le gris métallisé du STIF et le vert jade RATP. © transportparis

La décennie à venir marquera la poursuite de la renaissance du tramway, parfois une reconstruction quasiment à l'emplacement même du premier réseau :

  • T1 ouest de Gennevilliers à Colombes puis à Rueil Malmaison
  • T1 est de Noisy le Sec au Val de Fontenay
  • le bouclage du T3 entre la porte de La Chapelle et le pont du Garigliano
  • T7 d'Athis Mons à la gare de Juvisy
  • T8 de Saint Denis à la gare Rosa Parks
  • la création de T9 entre la porte de Choisy et Orly-ville, avec déjà la réflexion sur une jonction "commerciale" voire physique avec T7 à l'aéroport d'Orly
  • la création de T10 entre Antony et Clamart

Citons aussi la création des trois tangentielles en tram-train, de l'antenne de Montfermeil du T4 qui sera elle de type urbain... et (on ne se refait pas !) un pari sur la reconstruction de T5 et T6 en "vrai tramway" dont on peut supposer - espérer ? - la décision dans la décennie à venir puisque Caen, Nancy et Clermont Ferrand vont dans cette voie.

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Vélizy-Villacoublay - Avenue Morane Saunier - 11 septembre 2016 - Quelle durée de vie pour le faux tramway ? Etroit, inconfortable, bruyant, incompatible avec les autres lignes et surtout tributaire d'un seul constructeur, le Translohr sans avenir ne pourra probablement pas résister au mouvement de démantèlement des expériences malheureuses de "tramways sur pneus" : il faudra donc prévoir de lourds investissements pour détruire et reconstruire. Le contribuable appréciera l'inconscience des décideurs. © transportparis

Il est probable qu'entre EOLE et le Grand Paris Express, les marges de manoeuvre budgétaires seront réduites donc le tramway risque d'en pâtir, avec une temporisation des nouvelles réflexions. Pourtant, l'autobus ne suffit plus à assurer de façon attractive le service sur des axes complémentaires aux réseaux lourds.

transportparis vous rappelle ses différents dossiers consacrés aux tramways parisiens :

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16 décembre 2016

T3 : 10 ans de tramway dans Paris

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Paris - Pont du Garigliano - 13 février 2008 - Une rame du T3 garée sur la voie de réserve derrière le terminus : des études pour évoluer vers une véritable arrière-gare ont échoué par frilosité de la Ville de Paris. A droite, le PC1 assure la relève vers la porte de Champerret... en attendant le bouclage ? © transportparis

C'était il y a 10 ans. La mise en service de la ligne T3 entre le pont du Garigliano et la porte d'Ivry consacrait le retour du tramway dans Paris. "Enfin !" ont dit nombre d'amateurs et de spécialistes. Du côté des usagers, on était semble-t-il un peu moins enthousiaste en attendant de juger sur pièce comment allait se comporter celui qui a suscité tant de débats, enflammés souvent, violents parfois, sur le principe même ("y a qu'à mettre plus de bus !"), sur le tracé (boulevards ou Petite Ceinture ?) et sur les modalités de réalisation ("y a qu'à passer dans les trémies !").

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Paris - Boulevard Jourdan - 29 décembre 2006 - Débuts de l'exploitation, 69 ans après le démantèlement du réseau parisien, qui fut le plus important du monde avant d'être victime du lobby automobile... A noter sur la photo, le signal de la voie contiguë ne s'est pas ouvert : pas de "voie libre gratuite" sur le réseau parisien. Une erreur à réparer d'urgence... depuis 10 ans ! © transportparis

Dix ans plus tard, le tramway, qui pousse désormais jusqu'à la porte de La Chapelle, connaît une nouvelle phase d'extension jusqu'à la porte d'Asnières dont les travaux battent leur plein. Mais quel bilan ?

La saturation de la ligne suffit à démontrer le succès de la ligne. On enregistre au total 330 000 voyageurs sur les lignes T3a et T3b. Parmi eux, les deux tiers ont amorcé ou terminent le trajet par une correspondance : un tiers des voyageurs n'a pas besoin d'autre ligne pour effectuer son trajet. Une performance qui fait définitivement taire les nostalgiques de l'autobus. Mais qui dit saturation dit problèmes d'exploitation et dégradation des conditions de transport. On est souvent tassés dans le T3. C'est vrai. Les intervalles sont assez irréguliers, surtout à l'heure de pointe.

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Paris - Boulevard Brune - 5 mai 2008 - La section entre la porte de Vanves et la porte d'Orléans est l'une des plus propices à une circulation rapide : il est assez aisé d'y atteindre 60 km/h à condition d'avoir des feux bien réglés... et de s'affranchir des feux piétons complètement inutiles (sauf à dégrader le fonctionnement de la ligne). © transportparis

Il y a quelques défauts de conception de l'infrastructure.  Le terminus du pont du Garigliano manque d'un vrai tiroir d'arrière-gare pour le rendre plus fluide et assurer une remise à l'heure des rames. Celui de la porte de Vincennes dissocie les deux arcs en imposant la traversée du cours de Vincennes. Merci à tous ceux qui ont contribué à cette situation (des parents d'élèves du lycée voisin à l'architecte des Bâtiments de France) et torpillé la proposition initiale d'une gare à 4 voies permettant des correspondances commodes. Accessoirement, ce n'est pas demain la veille qu'on ira à Nation...

Reste que l'arrivée du tramway a complètement redessiné et réhumanisé l'espace public des Maréchaux Sud, démarche poursuivie avec l'arc Nord, accompagnant la transformation de certains quartiers (on prendra la porte de France, les moulins de Pantin et Rosa Parks comme exemples).

Et puis il y a l'exploitation. Alors on va se répéter encore une fois mais le propos est plus que jamais d'actualité... et puis ça finira bien par être entendu :

  • la priorité aux feux devient de plus en plus relative... pour ne pas dire qu'elle est absente à de nombreux carrefours et pas forcément les plus complexes à gérer ;
  • dans le même registre, l'absence de "vert gratuit", c'est à dire la non-ouverture systématique sur les deux voies du signal à voie libre, pour éviter qu'au croisement de deux rames sur un carrefour, une rame reste plantée au pied de son signal qui a refusé obstinément de s'ouvrir (ou comment augmenter bêtement l'occupation d'un carrefour par le tramway) ;
  • l'absence de "tourne à gauche" dissociés qui permettrait de faire passer sans risque dans la même séquence le tram et les flux automobiles parallèles, pour diminuer le nombre de séquences sur un carrefour et augmenter leur durée ;
  • la prolifération de "feux tram" ne protégeant que des traversées piétonnes en pleine ligne ou en amont d'une station, qui, mal réglés, pénalisent l'avancement des rames ;
  • la traversée des carrefours au plus à 30 km/h, ce qui allonge inutilement la durée de passage du tram sur le carrefour alors que la logique serait au contraire de la réduire ;
  • les vitesses pratiquées sur les courbes de la ligne, trop basses, et qui mériteraient d'être toutes relevées de 10 km/h, avec une situation caricaturale à la porte de Gentilly par exemple ;
  • l'entrée en station à 25 km/h fait perdre environ 5 à 7 secondes par arrêt soit un peu plus de 2 minutes sur un trajet ;
  • une conduite parfois un peu molle, y compris sur les sections où la montée en vitesse est facile, comme entre la porte de France et la porte de Charenton.

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Paris - Boulevard Mortier - 17 décembre 2015 - La pertinence du tramway dans Paris ne fait plus question : le prolongement à la porte de La Chapelle mis en service en 2012 avait été voté à l'unanimité, tout comme l''extension en travaux vers la porte d'Asnières. Les études sont lancées pour rejoindre la porte Dauphine. Rendez-vous en 2025 pour le bouclage ? © transportparis

Alors on espère qu'après 10 ans, la phase d'acclimatation des parisiens est terminée  et qu'un processus d'amélioration de la ligne permettra d'améliorer la vitesse commerciale du tramway.

On ajoutera aussi deux requêtes, auxquelles les riverains ne manqueront pas de souscrire :

  • nettoyer régulièrement les gorges des rails, notamment en automne, pour dégager les feuilles mortes et le sable, afin d'améliorer l'adhérence, diminuer les enrayages et donc l'usure ondulatoire des rails qui crée un effet de résonnance déségréable pour les voyageurs et les riverains ;
  • meuler les voies tous les 18 mois à 2 ans, comme cela se pratique sur la quasi-totalité des réseaux de tramways bien exploités !

A noter enfin que ce 16 décembre est aussi marqué par la soudure symbolique du premier rail de l'extension Porte de La Chapelle - Porte d'Asnières.

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26 novembre 2016

On a roulé en T6

Discussion entre rédacteurs du site :

- Quand même, il faudrait aller voir ce qui s'y passe, comment la ligne fonctionne ? C'est vrai qu'il va falloir monter dedans, mais quand même...

- Oui mais comment ils vont le prendre ? C'est quand même un peu renier nos principes ?  

- Un amateur doit tout parcourir...

Avec notre bâton de pèlerin et en implorant Saint Christophe, patron des voyageurs, nous sommes donc allés voir comment la ligne T6 et son Translohr fonctionnait et quelle était l'état de la fréquentation sur cet axe à l'écart du réseau ferroviaire francilien.

Question trafic, la charge est importante sans être excessive dès lors que l'espacement des rames est régulier. En revanche, compte tenu de leur exiguïté, dès que l'affluence commence à augmenter, la gestion des échanges de voyageurs devient plus difficile. Mais quand même, le Translohr montre qu'avec des portes doubles en extrémité, le flux s'écoule mieux. On a même réussi à lui trouver une vertu !

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Vélizy - Boulevard Marcel Sembat - 11 septembre 2016 - Une rame en direction de Châtillon achève la rampe  reliant le tunnel de Viroflay au plateau de Vélizy. © transportparis

Néanmoins, si le trafic est assez homogène entre Châtillon et Vélizy, on notera un léger creux de trafic à hauteur de Clamart et des montées assez conséquentes à la cité de la Plaine et à Meudon la Forêt pour rejoindre notamment le centre commercial Vélizy 2. Au-delà, le flux est nettement moindre et l'arrivée à Viroflay s'effectue avec une cinquantaine de voyageurs à bord tout au plus.

Bref, le principe d'un TCSP est parfaitement justifié sur cet axe... ce qui n'est pas une surprise.

Du côté de l'efficacité maintenant : la priorité aux feux fonctionne à peu près correctement - miracle ! - mais surtout parce que les conducteurs circulent lentement, voire même très lentement. La ligne autorise généralement des vitesses élevées, parfois supérieures à 50 km/h, mais les Translohr ne dépassent guère les 35 km/h. L'allongement du temps entre le repérage de la rame et le franchissement du carrefour masque la réalité du réglage des feux (on peut supposer que les Hauts de Seine ont été au moins aussi inefficaces que sur T1 Ouest et T2...). Le franchissement des deux rampes de la ligne, entre Châtillon et Clamart puis pour rejoindre le tunnel, confirment que rien ne s'opposerait au passage d'un vrai tramway.

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Châtillon - Avenue de Verdun - 25 novembre 2016 - Sur cette vue, on remarquera d'abord l'état de la plateforme, le tracé compenant de multiples inflexions ne serait-ce que pour les refuges piétons aux carrefours et le plan de circulation étrange. On voit ensuite la côte de Clamart et, en arrière-plan, un palier de repos avec une station où une rame marque l'arrêt. Au premier plan, le tableau indicateur de vitesse autorise une vitesse de 50 km/h, qui n'est que rarement pratiquée semble-t-il. Enfin, on notera avec soulagement qu'il existe une surlargeur de plateforme qui pourrait être mise à profit pour remettre T6 dans le droit chemin. © transportparis

Côté confort, si vous avez le mal de mer, prenez le large ! Le Translohr avance comme un millepattes, d'autant plus dans la version STE6 longue de 46 m. Malgré une dalle récente, l'orniérage commence à poindre et la rame se dandine de façon désagréable avec son roulement "patatoïde". Heureusement que la vitesse réelle reste faible car au-delà, le mouvement deviendrait franchement inquiétant. Ajoutez un niveau sonore élevé, du fait des ponts moteurs et des réducteurs et un nombre de places assises réduit du fait du gabarit, et vous comprendrez notre conclusion !

On était contents d'arriver !

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10 novembre 2016

T9 et T10 : Alstom vainqueur

Alstom remporte un quatrième marché en un mois sur les réseaux français, et dans les trois cas en s'imposant face à CAF. Ainsi, après le RERng pour les RER D et E, après le MPL14 pour le métro lyonnais, après la victoire à Caen pour succéder au TVR, la commande de tramways pour les lignes T9 et T10 a également été attribuée à Alstom, qui place pour la première fois en Ile de France le Citadis X05.

La tranche ferme porte sur 22 rames de 44 m de longueur, au gabarit 2,65 m, pour la ligne T9 Porte de Choisy - Orly Ville. Cette première commande représente un investissement de 70 M€, soit 3,18 M€ par rame. La tranche optionnelle porte sur 68 éléments, destinés d'abord à T10, mais aussi aux futures évolutions de ces lignes, principalement le prolongement de T9 jusque dans la zone aéroportuaire et de T10 de Clamart vers Issy les Moulineaux. Cependant, l'importance du volume total du marché, 90 rames, il est probable que d'autres besoins de tramways trouveront leur réponse dans ce cadre, notamment pour les nouvelles extensions de T3 au-delà de la Porte d'Asnières.

Sans contester les qualités des propositions d'Alstom, il est tout de même étonnant qu'un autre constructeur n'arrive pas à pénétrer le marché français. Dans le domaine du tramway, plus de 88% des véhicules circulant actuellement sur l'ensemble des réseaux français ont été produits par Alstom. Seules Besançon, Lille et Marseille font exception.

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07 novembre 2016

T1 Ouest : début de la concertation

Depuis ce 7 novembre jusqu'au 2 janvier, la concertation est ouverte sur le projet de tramway entre Colombes (Quatre Chemins) et Rueil-Malmaison. D'une longueur de 7,5 km et comprenant 15 stations, ce projet s'inscrit dans la continuité de l'opération Gennevilliers - Colombes dont les travaux préliminaires ont débuté. Cette nouvelle section reprendra essentiellement le tracé de la ligne 304 et d'une partie de la ligne 378, particulièrement fréquentées.

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Le tracé proposé ne soulève a priori pas de remarques particulières mais certains points devront être surveillés de près :

  • la gestion du carrefour des Quatre Chemins de Colombes avec le court tronc commun T1 Ouest - T2, alors que le fonctionnement de la priorité aux tramways reste toujours aussi médiocre ;
  • les modalités de passage sous la ligne Paris - Rouen - Le Havre et sous la RD914, pour conserver une vitesse commerciale correcte, étant donnée la hauteur assez faible des tabliers des ouvrages ferroviaires ;
  • le réaménagement de la place de La Boule ;
  • l'emplacement du terminus, qui sur le tracé indiqué ne va pas jusqu'à La Jonchère, actuel terminus de la ligne 258.

On pourra aussi noter que le tramway ne desservira ni la gare de Nanterre Préfecture sur le RER A, ni celle de Nanterre La Folie sur le RER E. Seule la gare de Nanterre Université (lignes A et L) sera desservie. Une petite ramification entre les stations Droits de l'Homme et la gare du RER E serait peut-être souhaitable afin de mieux mailler tramway et RER. La correspondance avec la ligne 15 sera de toute façon assurée Place de la Boule.

Les premières estimations de trafic tablent sur 58 000 voyageurs par jour avec une desserte toutes les 4 minutes... ce qui renforce la sensibilité de notre première remarque sur l'exploitation du tronc commun T1 Ouest - T2. En outre, on ne manquera pas de rappeler que le tracé dans Colombes, sur la phase de prolongement Gennevilliers - Colombes, est un non sens puisque dépourvu de vraie correspondance avec la ligne J (le tramway passera à plus de 400 m de la gare du Stade et évitera le passage par le centre pour d'obscures raisons injustifiées par l'épreuve des faits). L'exploitation devrait prendre la forme d'une ligne Gennevilliers Les Courtilles - Rueil-Malmaison.

Le coût du projet est pour l'instant évalué à 370 M€ et 37 M€ pour le matériel roulant, qui bénéficiera d'un nouveau site de remisage à Nanterre sur le site des anciennes Papeteries, le long de la voie ferrée Paris - Le Havre.

Quant à la mise en service... guère avant 2023, voire 2025, au mieux !

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21 octobre 2016

T10 déclaré d'utilité publique

Le tramway T10, qui reliera La Croix de Berny à Clamart (place du Garde) a obtenu sa déclaration d'utilité publique. Le STIF annonce donc la poursuite des études de projet avec l'objectif de démarrage des travaux préliminaires en 2017 pour une mise en service en 2020.

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20 octobre 2016

T4 : début des travaux vers Montfermeil

Un projet symbolique

C'est un projet dont on parle de puis 10 ans et qui passe enfin aux actes. Les premiers travaux de construction de l'antenne du T4 entre Gargan et l'hôpital de Montfermeil ont débuté. Un acte symbolique à plusieurs titres.

Ce prolongement doit accompagner la transformation d'un territoire mal relié aux grands axes de transports en commun et aux principaux pôles d'emplois du nord-est parisien. Par sa configuration géographique en plateau, Clichy sous Bois et Montfermeil sont difficilement accessibles : les autobus circulent difficilement et sont souvent très chargés de voyageurs avec bagages, cabas et poussettes qui affectent la performance et la régularité.

Le plateau de Clichy et Montfermeil focalise aussi l'attention politico-médiatique, depuis les émeutes urbaines de 2005, et incarne l'enjeu du renouvellement urbain de quartiers développés en hâte dans les années 1960, sur un modèle d'aménagement propice aux ségrégations économiques, sociales et territoriales. Bien sûr, T4 ne sera pas la baguette magique de tous les maux de ce territoire, mais c'est une pierre à l'édifice de la transformation. Dans plusieurs grandes villes de France, l'arrivée du tramway dans les grands ensembles a pu joué ce rôle d'amplificateur de la rénovation, même si tous les sujets, loin de là, n'ont pas été encore traités. Avec la nouvelle liaison Bondy - Montfermeil, ses 11 nouvelles stations et son service toutes les 6 minutes, il ne faudra plus que 30 minutes pour rejoindre le RER E, alors que le trajet en bus peut prendre jusqu'à une heure.

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Le coût total du projet atteint 370 M€, dont 100 M€ pour les 15 rames Dualis commandées à Alstom (soit tout de même 6,7 M€ pour un tramway de 42 m et d'une capacité de 250 places) et 270 M€ pour l'infrastructure. Le matériel sera comme d'habitude financé par le STIF, et l'infrastructure partagée entre la Région (49%),  l'Etat (37%) et SNCF Réseau (14%).

Un tramway urbain exploité par le SNCF

Sur le plan technique, l'antenne du T4 apportera son lot de nouveautés : c'est la première fois qu'un tramway urbain (750 V continu, marche à vue, signalisation tramway et agrément STRMTG) sera exploité par la SNCF. Avec une première conséquence : la ligne T4 actuelle entre Bondy et Aulnay étant alimentée en 25000 V par usage des sous-stations du réseau Paris-Est, il va falloir créer une courte section en 750 V continu de part et d'autre de la gare de Gargan pour éviter d'avoir à implanter une caténaire 25000 V en voirie sur le débranchement.

De quoi réinterroger les choix initiaux sur le T4, plus destinés à servir de vitrine pour la SNCF en matière de transport urbain avec un tram-train qui n'accepte pas les trains et qui lui-même ne circule sur le réseau national que pour des nécessités de maintenance.

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Gargan - 14 janvier 2015 - C'est ici que débute l'antenne du T4 vers Montfermeil. L'actuelle station de Gargan sera nettement transformée pour accueillir la bifurcation. © transportparis

Autre évolution prévue avec l'antenne de Montfermeil, la reprise du terminus de Bondy qui devra gérer un tramway toutes les 90 secondes, puisque la fréquence sera de 3 minutes entre Bondy et Gargan. Naturellement, la croisée d'avant-gare et les deux voies ne suffiront pas, et ce sujet a été découvert tardivement, ce qui a contribué au décalage du calendrier de mise en service, déjà passablement bousculé par les difficultés politiques d'acceptation du projet par certains élus locaux.

Enfin, il faudra gérer la dualité d'équipement de la ligne avec les Avanto et les Dualis, les premiers semblant connaître des difficultés croissantes de fiabilité et de disponibilité.

Consultez notre dossier sur le T4.

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01 juillet 2016

T7 : bilan en attendant le prolongement

Mise en service le 26 novembre 2013, la ligne T7 des tramways d'Ile de France, reliant Villejuif à Athis-Mons, fêtera donc ses trois ans d'existence à l'automne prochain. L'occasion d'un premier bilan.

Du point de vue de la fréquentation, la section Villejuif Louis Aragon - Auguste Perret domine assez nettement. On notera, particulièrement le week-end, une chalandise importante vers le centre commercial Belle Epine et vers l'aéroport d'Orly : la ligne semble connue des touristes, qui peuvent commencer (ou terminer) leur voyage par ce parcours initiatique au travers de la banlieue parisienne, entre autoroutes diverses, centres commerciaux et zone d'activités tertiaires, sans oublier le marché d'intérêt national.

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Paray Vieille Poste - 25 jun 2016 - Entre la Grande Ceinture et l'extrémité des pistes de l'aéroport d'Orly, la ligne T7 circule dans un environnement verdoyant à l'écart des circulations automobiles entre la zone d'emplois de la SILIC et celle de Coeur d'Orly. © transportparis

Il est assez difficile de juger de l'attractivité du tramway vers les zones logistiques d'Orly - Rungis (SILIC, Coeur d'Orly), qui ne pourra réellement être mesurée qu'avec l'achèvement de la ligne, puisqu'une part importante des voyageurs attendus initialement sur ce secteur proviendrait des correspondances générées à Juvisy avec les RER C et D. Néanmoins, en semaine, on peut constater une augmentation de la charge de la ligne 7 sur la branche de Villejuif, ce qui tend à indiquer que le T7 "fait son trou", tout comme l'important mouvement de voyageurs au terminus d'Athis-Mons, en provenance des lignes 285 et 292 de la RATP, des lignes 8, 485 et 487 exploitées par Keolis (en coexploitation avec la RATP pour les deux dernières.

Au chapitre de l'exploitation, sans surprise, le fonctionnement de la priorité aux carrefours est encore loin d'être satisfisant. Soit le tramway bute sur une bonne moitié des feux, plombant sa vitesse commerciale et aboutissant à des situations inacceptables quand on cherche à promouvoir les transports en commun (tramway détecté, mais voitures passant d'abord), soit le passage prioritaire s'effectue à condition de pratiquer la "conduite molle".

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Vitry - Avenue de Fontainebleau - 25 mai 2016 - Tramway et circulation automobile : une conception de la cohabitation qui défie les lois de la logique, entre priorité aux feux défaillante et aménagement alambiqué des carrefours, comme ici avec de multiples feux non synchronisés entre eux. Bilan, après le passage de cette rame pour Athis-Mons, les voitures pourront s'engager... mais le feu suivant restera au rouge, ce qui bloquera la rame suivante (qui est dans le dos du photographe). © transportparis

Or la ligne autoriserait sur un peu plus de la moitié du parcours des vitesses élevées, de l'ordre de 60 à 70 km/h si le fonctionnement des carrefours était logique. Cependant, vu la conception de certains d'entre eux, on comprend pourquoi l'exploitation peut être à ce point chaotique. Ajoutons pour faire bonne mesure que le passage des carrefours à 30 km/h reste une incongruité francilienne dont il faudra un jour mesurer l'impact sur la consommation d'énergie, la sollicitation du matériel roulant et l'usure des voies.

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Athis-Mons - Portes de l'Essonne - 25 juin 2016 - On ne demande pas au T7 d'atteindre la vitesse du défunt supersonique, mais de circuler de façon fluide et de tirer un profit maximal des sections les plus propices à une vitesse élevée. © transportparis

Sur ce type de ligne, la mise en place de barrières légères sécurisant les carrefours permettrait d'augmenter la vitesse commerciale, compensant partiellement les conséquences du tracé entre le MIN de Rungis et l'aéroport d'Orly.

Reste à stabiliser le projet de prolongement  à Juvisy, qui permettra de donner à T7 toute son importance dans la desserte du sud parisien en offrant une liaison directe entre les branches sud des RER C et D et l'importante zone d'emplois d'Orly-Rungis.

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02 juin 2016

T5 : 4 rames supplémentaires

Saturé en raison du sous-dimensionnement évident du système de transport, le STIF a décidé de commander 4 STE3 supplémentaires pour renforcer encore l'offre de la ligne T5 Marché de Saint Denis - Gare de Garges-Sarcelles. Ces rames arriveront à partir de novembre 2017. Le coût de leur acquisition atteint 12 M€, soit 3 M€ par rame de 120 places ou encore 25000 € par place offerte. Un système de transport toujours aussi économique. En outre, 7,6 M€ de travaux sont prévus dans l'atelier de maintenance pour accueillir ces 4 nouvelles rames.

 

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30 mai 2016

T6 prolongée à Viroflay

Avec une météo à aller se mettre dans les tunnels, le prolongement souterrain de T6 de Vélizy à Viroflay permettait de découvrir au sec les nouvelles installations achevant la réalisation de cette ligne au matériel controversé par les incertitudes qui planent sur sa pérennité.

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Viroflay Rive Droite - 28 mai 2016 - Une rame se met sur le quai de départ en direction de Châtillon, au premier jour de service. Certes, l'heure est matinale, mais ce n'est pas la grande foule des inaugurations. On note que le gabarit du tunnel est assez généreux. Sage précaution pour préserver l'avenir... © X. Morel

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Viroflay Rive Droite - 28 mai 2016 - La décoration des stations est assez dépouillée et fait largement appel au bois et au verre. Le cliché est pris au-dessus des voies sur la mezzanine assurant la liaison avec les accès extérieurs. © X. Morel

Ainsi, T6 assure désormais un double accès au plateau de Vélizy non seulement depuis la ligne 13 du Métro, reprenant la fonction jadis assurée par le bus 295 (mais qui rejoignait aussi la ligne 4 à la Porte d'Orléans), mais aussi depuis 3 lignes ferroviaires. A Viroflay Rive Gauche, T6 est en correspondance avec le RER C et la ligne N (banlieue Montparnasse). Au terminus de Viroflay Rive Droite, elle est connectée à la ligne L sur l'axe Paris Saint Lazare - Versailles Rive Droite. Ainsi, moyennant une seule correspondance, il est possible d'accéder à Vélizy depuis La Défense, Versailles ou Saint Quentin en Yvelines.

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