09 novembre 2020

Ligne 18 : comme une fuite en avant

La polémique sur cette ligne ne va pas s'éteindre... au contraire. Le rapport de l'enquête publique modificative recèle quelques petites pepites. Contentons-nous des conclusions.

Ainsi, le coût de réalisation de la ligne 18 du Grand Paris Express entre Orly et Versailles Chantiers a augmenté de 50% en 2 ans, passant de 3,1 à 4,45 MM€ : dans ces 1,3 MM€, près de la moitié - 685 M€ - sont dus aux provisions pour risques sur la seule station CEA Saint Aubin, près du carrefour du Christ de Saclay. La SGP va donc devoir reprendre l'évaluation socio-économique du projet, mais manifestement, la commission semble peu inquiète par cette dérive... et joue la carte de la fuite en avant en ressortant du formol la section Versailles - Nanterre.

« En conclusion, la commission estime nécessaire de recommander que tout soit mis en œuvre pour respecter le nouveau calendrier de mise en service du tronçon entre l’aéroport d’Orly et la gare CEA Saint-Aubin; elle considère que la rentabilité globale du projet est démontrée par les trafics attendus, mais que la rentabilité du tronçon Saclay-Versailles serait mieux assurée par la mise en service dès 2035 du tronçon entre Versailles-Chantiers et Nanterre-La Folie. »

Section dont plus personne - heureusement - ne parle, car avec pour unique arrêt une gare à Rueil-Malmaison pas du tout connectée au RER A, cette section apparaît complètement inutile et redondante avec le réseau ferroviaire dans l'objectif de relier Versailles à La Défense.

Le plus surprenant, c'est l'unique réserve. Sur un tel projet, on pourrait considérer que la réserve d'une commission d'enquête publique - qui, si elle n'est pas levée, rendrait négatif l'avis qu'elle émet - porte sur des sujets sérieux, liés à l'intérêt du projet. Non, pas du tout. Dans le cas présent, la réserve porte sur des sujets complètement anodins liés aux nuisances sonores et vibratoires du passage des rames et à leurs impacts sur la santé des riverains.

On a l'impression de revenir en 1837, quand certains médecins affirmaient le plus sérieusement du monde la dangerosité du chemin de fer pour l'équilibre mental des voyageurs, sans compter la perturbation des riverains et du bétail voyant des locomotives rouler à 40 km/h. On a donc affaire à un projet contesté quant à son utilité et à sa viabilité économique et la seule réserve porte sur la prévention de risques psycho-sociaux liés à la circulation du métro !

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Métro 15 : premiers rails

Ils ont été posés mi-octobre dans l'arrière-gare du futur terminus de Noisy-Champs de la ligne 15. Les 4 voies prennent forme. Un autre chantier débute sur la voie de raccordement entre le tracé courant et l'atelier de maintenance de la voie à Champigny. La technique de pose est très classique, sur dalle béton avec patins anti-vibrations, en longs rails soudés livrés par coupons de 18 m et 60 kg au mètre.

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Dans l'arrière-gare de Noisy-Champs sur la ligne 15. (document SGP)

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26 octobre 2020

RATP : plus de biogaz et moins d'électriques

Changement radical de posture pour la décarbonation du parc d'autobus de la RATP. A l'origine, la RATP annonçait un puissant essor de l'autobus électrique qui devait constituer 80% de son effectif en 2025. Avec actuellement environ 150 bus électriques dans ses dépôts, le rythme des livraisons est incompatible avec cet objectif et le maintien de coûts d'achat élevés ne rend pas l'objectif plausible, d'autant que subsistent des questions assez déterminantes sur l'autonomie de ces véhicules. Economiquement, le bus électrique est au moins 2 fois plus cher que l'autobus thermique au gasoil : de l'ordre de 450 000 € pour un véhicule de 12 mètres, contre 230 000 € pour les motorisations conventionnelles... et il faut ajouter en moyenne 200 000 € tous les 7 ans pour le renouvellement des batteries. L'autobus hybride est un peu moins cher - 350 000 € - mais ses résultats ne sont pas jugés assez efficaces. Reste donc le bus à moteur thermique fonctionnant au biogaz, qui, à 300 000 €, semble présenter un bon rapport coût - efficacité.

Résultat, l'objectif est abandonné si tant est qu'il eut été possible de l'atteindre : la RATP annonce un effectif de 1500 bus électriques en 2025, soit un petit tiers du parc, complété par les 1000 véhicules hybrides déjà livrés. C'est donc le biogaz qui devrait tirer son épingle du jeu avec un effectif qui devrait atteindre 2200 véhicules soit près de 10 fois plus qu'aujourd'hui, puisque seuls les dépôts de Créteil et de Massy sont équipés pour recevoir ces véhicules (et les stations de recharge associées). Ainsi, après le premier appel d'offres, initialement prévu pour 1000 bus électriques mais qui devrait accoster entre 780 et 800 voitures, devrait être annoncé un nouveau marché de 700 autobus l'année prochaine.

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A l'échelle régionale, Ile de France Mobilités annonce à horizon 2030 que les autobus électriques représenteront 30% de l'effectif. Les 70% restants fonctionneront au biogaz.

Néanmoins, une consultation est en cours pour la fourniture d'autobus bi-articulés électriques, ainsi que leur dispositif de recharge, pour les futures lignes TZen4 et TZen5, ce qui devrait se traduire par une compétition entre Van Hool et son Exqui.city et Hess avec son Lightram.

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25 octobre 2020

Une étude pour agrandir la gare Stade de France Saint Denis

Actuellement desservie par le RER D, l'arrivée du Grand Paris Express et le vaste pôle d'échanges de Saint Denis Pleyel a de longue date suscité la demande d'un arrêt des trains de la ligne H du réseau Transilien (Paris Nord - Pontoise / Valmondois / Persan-Beaumont / Luzarches). Or seules les voies du RER D disposent de quais. La question est donc de savoir à quelles conditions techniques, opérationnelles et budgétaires réaliser une telle évolution du plan de voies. Le montant de l'étude préliminaire est assez conséquent... à la hauteur de l'estimation qui en sortira : 616 000 €.

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Stade de France Saint Denis - 14 janvier 2012 - Pour insérer des quais à cet endroit, cela s'annonce... compliqué et assurément coûteux. Cette étude permettra d'exposer factuellement les conditions de réalisation de cette demande récurrente des élus du Val d'Oise. © transportparis

La configuration du site est complexe puisqu'à hauteur de la gare actuelle, on trouve sur son flanc ouest les voies de la ligne H puis un saut de mouton de reclassement des voies rapides et le technicentre du Landy, qui assure la maintenance des TGV et des TER. Outre la complexité inhérente à l'insertion de quais suffisamment larges (avec près de 2 m de large pour l'ascenseur et 80 cm entre la bordure du quai et le début de la bande d'éveil, il est matériellement difficile de faire un quai de moins de 5 mètres de large, surtout en Ile de France), ce sont surtout les conditions de réalisation des travaux, et l'impact sur l'ensemble des circulations du faisceau Nord, qui vont déterminer la faisabilité d'une telle extension... et son coût.

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24 octobre 2020

Bus 113 : premières études pour un site propre

Ile de France Mobilités va lancer une concertation préalable en vue d'aménager un site propre pour les transports en commun sur une partie du parcours de la ligne 113, entre les gares du Val de Fontenay et de Chelles. A ce stade, une enveloppe prévisionnelle de 150 M€ est envisagée pour l'aménagement de cet axe aux caractéristiques très routières, à l'écart des modes de transport en commun structurant.

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Le Perreux sur Marne - Carrefour de la Résistance - 24 mars 2012 - Le TCSP rejoindra l'itinéraire de la ligne 113 sur ce noeud routier, qui n'est pas un modèle de simplicité (surtout pour les piétons). La connexion avec les RER A et E sera améliorée par rapport à la ligne 116 au parcours des plus illisibles dans ce secteur. © transportparis

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Neuilly-Plaisance - Boulevard Foch - 24 mars 2012 - Autre correspondance importante sur le parcours avec le RER A en gare de Neuilly-Plaisance visible à l'arrière-plan. Outre l'axe de la RN34, se posera la question de la traversée de Chelles pour proposer une exploitation de qualité. © transportparis

Nul doute que ce site propre sera utilisé par des autobus. Reste à savoir quelles évolutions seront apportées sur le plan capacitaire, entre la fréquence et la capacité des véhicules. Ajoutons aussi le débat sur la motorisation. Le recours à des véhicules articulés semble une évidence eu égard à la longueur et à la charge de la ligne.

Le potentiel de trafic serait d'environ 40 000 voyageurs par jour et intègrera le pôle d'échanges de Val de Fontenay, qui sera remanié, pour 11,6 M€, en lien avec l'arrivée de T1, du métro 1 et du métro 15.

En revanche, le schéma d'exploitation ne semble pas figé au parcours aménagé.Il serait quand même dommage de perdre l'accès direct à Nogent sur Marne et à l'autre branche du RER A mais aussi la desserte fine du centre de Chelles. Aujourd'hui, la ligne 113 fait terminus à la mairie et la moitié des services continue au centre commercial Chelles 2.

Sera-t-il question de TZen ? Autant de sujets qui seront abordés dans l'enquête publique prévue l'année prochaine, sachant que la mise en service est espérée en 2028.

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Deux cartes postales de La Maltournée, à proximité de la photo ci-avant, avec le dépôt des tramways Nogentais. Sur la première, deux motrices à impériales dont une avec une remorque ouverte, et de jeunes enfants du quartier qui posent devant ce symbole du progrès technique : il s'agit probablement de clichés réalisés au début de la traction électrique. Sur la seconde ci-dessous, fin d'époque pour les tramways, avec ces motrices L qui circulaient déjà en site propre.

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Dans notre schéma directeur des tramways parisiens, nous avions envisagé de restaurer une exploitation par tramway sur la ligne 113, y compris sur le tronçon Le Perreux Résistance - Gare de Nogent sur Marne.

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23 octobre 2020

Des arrêts dérogataires sur les TER du bassin parisien

Ile de France Mobilités a conclu des accords avec les Régions Grand Est et Centre Val de Loire pour créer des arrêts dérogataires afin de gérer l'augmentation de la fréquentation dans certaines gares.

Ainsi, au service annuel 2021, le TER quittant Paris Montparnasse à 8h06 pour Chartres aura un nouvel arrêt à Saint Quentin en Yvelines : c'est la première fois qu'un train régional dessert cette gare. La desserte s'effectue en contrepointe pour l'accès à la zone d'emplois de la ville nouvelle (pour parler comme dans les années 1980...). Difficile d'envisager des arrêts dans le sens de la pointe compte tenu de la charge des trains.

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Versailles Chantiers - 27 août 2008 - La desserte régionale Paris - Chartres est l'une de celles qui intègre le plus d'arrêts en Ile de France, avec notamment les gares de Rambouillet et de Versailles (vue ici avant les travaux de transformation de la gare). Un premier arrêt à Saint Quentin en Yvelines va être créé en contrepointe le matin. © ortferroviaire

Le départ de Paris Bercy de 18h02 pour Nevers desservira Nemours, sachant que cet axe bénéficiera à terme des nouvelles rames Omneo Premium.

Enfin, à l'est, un TER Vallée de la Marne desservira La Ferté sous Jouarre à 8h16 pour atteindre Paris Est à 8h54 pour délester l'offre Transilien Paris - Château-Thierry.

Ces arrêts viennent bousculer à la marge les schémas de desserte : il sera cependant assez difficile de généraliser de telles mesures à l'ensemble des dessertes sans devoir évaluer l'impact sur la capacité du réseau et des trains en fonction de des besoins de la clientèle régionale. Autres contraintes, la configuration des gares avec le traditionnel duo longueur et hauteur des quais.

Ainsi par exemple, l'arrêt aux Mureaux de TER Paris - Vernon un temps envisagé entre Paris et Mantes la Jolie devient impossible du fait du rehaussement des quais à 920 mm dans le cadre du projet EOLE et de la future généralisation des Omneo Premium sur la desserte Paris - Normandie (avec 67 unités commandées).

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Un premier maillon pour le TZen2

Le 18 octobre dernier, un premier maillon de 2,5 km du futur TZen2 entre Lieusaint-Moissy et Melun a été inauguré. Pas de changements pour le réseau d'autobus, qui bénéficie de ce nouveau site propre. La naissance de cette nouvelle ligne n'est prévue qu'en 2027 : les débats sur la traversée de Melun ont bousculé le calendrier de réalisation et ce n'est qu'en 2024 que débuteront les travaux d'aménagement du parcours dans la traversée de la préfecture de Seine et Marne.

Avec le TZen1 existant (Gare de Lieusaint-Moissy - Gare de Corbeil-Essonnes) et le projet TZen4 (Gare de Corbeil-Essonnes - Viry-Châtillon), la ligne TZen2 complètera la constitution d'un réseau de lignes à haut niveau de service dans cette frange de la deuxième couronne francilienne.

 

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20 octobre 2020

A propos des aménagements sur la ligne 62

La ligne 62 Porte de Saint Cloud - Porte de France est un des axes les plus fréquentés du réseau d'autobus dans Paris. Son exploitation est difficile car la circulation sur les artères empruntées est dense et les nombreux commerces sur plusieurs secteurs linéaires génèrent des besoins conséquents pour les livraisons. Les aménagements pour les autobus sont très limités, et parfois difficilement utilisables, notamment quelques sections où un couloir pour les autobus avait été matérialisé mais d'une largeur inférieure au véhicule.

Deux aménagements ont retenu notre attention car si l'un semble plutôt aller dans le bon sens, l'autre constitue une nouvelle illustration des contraintes supplémentaires sur l'exploitation et la qualité de service des autobus parisiens.

Rue d'Alésia : sens unique et contresens pour les autobus

La rue d'Alésia a été mise en sens unique pour la circulation générale (sens est-ouest) tandis que le sens ouest-est est réservé aux autobus et aux véhicules d'intervention. Une bande cyclable a été créée vers l'ouest tandis que la voie pour les autobus vers l'est est large pour faciliter le dépassement des vélos par les autres utilisateurs. Le résultat semble assez intéressant car le trafic de transit est évidemment plus limité et la circulation des autobus est plus facile. Mais il faudra veiller aux effets de bords sur les axes affluents et parallèles...

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Paris - Rue d'Alésia (carrefour de l'avenue du Général Leclerc) - 25 septembre 2020 - On aperçoit les anciens marquages effacés sous la désormais incontournable signalétique provisoire. On notera d'ailleurs que la mention "Danger Ecole" a disparu (on se demande en quoi une école peut être dangereuse pour le trafic routier... c'est plutôt l'inverse !). L'autobus circule sur une voie interdite au transit : seuls riverains, taxis, livreurs et véhicules d'intervention peuvent l'utiliser. Le trafic est effectivement plus fluide sur ce tronçon de la difficile ligne 62. Il y a donc du mieux. © transportparis

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Paris - Rue d'Alésia - 25 septembre 2020 - Outre la floraison de quilles et murettes en béton (cette fois un peu plus fine), les panneaux routiers ont certes doublé la mention du contresens pour autobus... mais avec un seul panneau de sens interdit. © transportparis

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Paris - Rue d'Alésia - 25 septembre 2020 - Sur la ligne 62, le service est assuré par des Citélis 18 à 3 portes et des Urbanway hybrides à 4 portes. On peut aussi noter sur ce cliché la position assez aléatoire des murettes délimitant la piste cyclable... © transportparis

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Paris - Rue d'Alésia - 25 septembre 2020 - L'axe jadis très encombré semble avoir profité de l'évolution du sens de circulation : l'impact sur le fonctionnement de la ligne 62 devra être évalué dans le temps. Un tel dispositif sera-t-il étendu à d'autres portions de cette importante rocade ? © ortferroviaire

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Paris - Rue d'Alésia - 25 septembre 2020 - Enfin, en voilà un : pour compléter notre illustration sur le parc de la ligne 62, voici un Urbanway articulé dans la nouvelle (et toujours triste) livrée Ile de France Mobilités. Et même un vélo (le premier sur la série de clichés). © transportparis

Porte de Saint Cloud : précarité voire danger pour les usagers du 62

Une piste cyclable à double sens a été réalisée sur l'extérieur du giratoire. Ayons d'abord une pensée pour les cyclistes qui vont essayer d'utiliser cette piste dans le sens des aiguilles d'une montre à l'envers de la circulation générale, pour essayer de traverser les axes rayonnant sur la place... et aux usagers de ces voies à l'arrivée sur le giratoire qui ne s'attendent pas à voir arriver des flux dans les deux sens. Déroutant... et potentiellement dangereux.

Sur le flanc sud-ouest, la nouvelle piste cyclable crée une coupure dans le terminus des autobus. Un mini-trottoir en bitume, aux bordures bien peu visibles, a été aménagé pour les voyageurs des lignes PC et 62. Compte tenu de la propension à accumuler plusieurs véhicules au terminus, la réduction de la chaussée peut impacter l'exploitation de la ligne 62 et la commodité pour les voyageurs... qui doivent donc traverser une piste cyclable pour effectuer leurs correspondances entre lignes d'autobus ou pour accéder à la station de métro.

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Paris - Porte de Saint Cloud - 10 octobre 2020 - Un trottoir des plus réduits, mal délimité (où sont les normes d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite ? bande d'éveil, contraste du trottoir ?), des conditions d'attente précaires (pas de siège, pas d'abri... tous de l'autre côté de la piste cyclable)... et une tendance à la rétention d'eau (derrière le passage piéton) pas confortable non plus pour les cyclistes. Couper une gare routière en deux par une piste cyclable, il fallait oser ! C'est fait ! © transportparis

En la matière, il eut été plus logique de conserver la partie extérieure du giratoire pour les autobus, de sorte à conserver ce bloc fonctionnel Métro + Autobus, et de positionner la piste cyclable entre l'espace dédié aux autobus et la circulation générale. Il aurait fallu 2 voies de circulation pour les autobus de sorte à gérer à la fois la régulation du terminus de la ligne 62 et le passage de la ligne PC. L'effet sur le trafic général aurait été plus important (réduction de la taille du giratoire) et les usagers des autobus ne subiraient pas cette nouvelle régression qualitative du service. Conséquence d'un parti pris d'aménagement sans réellement intégrer les utilisateurs des transports en commun...

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Paris - Porte de Saint Cloud - 22 avril 2002 - D'un abus à l'autre : une gestion du terminus quelque peu déroutante, occupant la moitié de la largeur de la place. Forcément, avec de tels comportements, certains en viennent à développer la thèse des transports en commun comme gêneurs ! La RATP doit aussi faire des efforts sur l'exploitation... mais il est vrai que la Ville de Paris ne lui facilite pas vraiment la tâche ! © transportparis

14 octobre 2020

T10 : des études pour traverser Clamart

C'est en résumé l'objectif : en venant de La Croix de Berny, les tramways de T10 feront dans un premier temps terminus au sud de Clamart, place du Garde. Reprenant les principes de base de la Croix du Sud développée dès les années 1980, concrétisée d'abord par la ligne T6, Ile de France Mobilités va engager une étude sur une nouvelle étape de la ligne T10, au travers de Clamart, pour rejoindre la gare sur la ligne N du réseau Transilien et celle de la ligne 15 (Fort d'Issy - Vanves - Clamart).

C'est une évolution du projet, puisqu'il était initialement envisagé d'envoyer ce tramway vers la gare d'Issy les Moulineaux, abandonnant la connexion avec T2 à Issy Val de Seine.

Hypothèses-T10-clamart

Dans le projet en cours de réalisation, le terminus de la place du Garde sera implanté en aval du carrefour, sur la rue de Meudon en direction de l'Est. Le prolongement vers la gare de Clamart se dirige manifestement vers une solution souterraine, sauf à envisager environ 2 km en site banalisé ou avec itinéraire dissocié, avec la contrainte supplémentaire d'un tronçon très commerçant de l'avenue Jean Jaurès, sur sa partie haute, qui est déjà piétonnier. Le dénivelé est conséquent mais ne présente pas un caractère rédhibitoire pour le tramway. Les esquisses de tracé ci-dessus montrent surtout que 2 des 3 tracés esquissés délaissent une partie du tracé en cours de réalisation, ce qui apparaît pour le moins saugrenu.

Cette phase 2 du T10 pose quand même d'autres questions. L'accès à la gare de Clamart qui deviendra un pôle d'échanges important en connectant la ligne N et la ligne 15 est évidemment un atout. En revanche, un prolongement à Issy les Moulineaux reste pertinent pour aller chercher des correspondances avec le métro 12, le RER C et le tram T2. Doit-il être complètement souterrain - auquel cas un prolongement du métro 12 à la gare de Clamart pourrait être une alternative - ou peut-il envisager une partie en surface pour cette extension non encore programmée ?

Si un tunnel venait à être retenu pour traverser Clamart, il ne faudrait peut-être pas écarter un prolongement de l'ouvrage jusqu'à Issy les Moulineaux... à moins d'accepter des sites partagés, par exemple sur l'avenue Général de Gaulle, entre la gare de Clamart et le boulevard du lycée, de sorte à rejoindre Issy Val de Seine en alignant les 3 correspondances à assurer (mais sans connexion physique au T2 cependant).

Premières réflexions de transportparis :

carte-hypotheses-extension-T10

  • un scénario tout en surface, soit par l'avenue Jean Jaurès, soit par l'avenue Victor Hugo soit les deux (itinéraire dissocié) entre la place du Garde et la gare de Clamart, puis reprenant le trajet de la ligne 394 pour rejoindre Issy Val de Seine, impliquant des évolutions assez nettes des plans de circulation et d'accepter aussi des sections en voie partagée tram - circulation générale. La section Issy Val de Seine - Corentin Celton devrait être sans difficulté en site propre ;
  • un scénario tout en tunnel qui passerait sous le centre puis la gare de Clamart, rejoindrait le métro 12 à la mairie d'Issy avant d'atteindre la station Val de Seine ;
  • un scénario mixte combinant la traversée de Clamart en tunnel jusqu'à la gare et un passage en surface à Issy les Moulineaux.

Post-scriptum : Ile de France Mobilités confirme le report de la section Jardin Parisien - Place du Garde, ce qui influe à la marge sur les principes énoncés ci-dessus.

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12 octobre 2020

MP14 : une première (pour la photo...)

Sous le regard des présidentes de la Région et de la RATP, le premier MP14 a débuté son service commercial sur la ligne 14 ce lundi 12 octobre, précédant d’un peu plus de 2 mois le prolongement de la ligne à la mairie de Saint Ouen. Voilà pour la version officielle... mais la rame n'a fait qu'un aller avec voyageurs (dont Mmes. Guillouard et Pécresse) et un retour à vide au garage. Hormis pour quelques chanceux, le MP14 reste encore invisible.

Néanmoins, on peut statistiquement considérer que c'est le premier jour d’exploitation d’un train de 120 mètres de long sur le métro parisien. Jusqu’à présent, les plus longs trains ayant circulé faisaient 105 mètres : des rames Sprague-Thomson de 7 voitures avaient circulé sur la ligne 8 pour la desserte de l’Exposition Coloniale en 1931, mais seules les stations de l’extension Richelieu-Drouot – Porte de Charenton avaient été construites avec des quais de 105 mètres. Il fallait alors condamner les 2 voitures de queues entre Auteuil et Richelieu-Drouot qui se retrouvaient dans le tunnel.

Cette fois-ci, toutes les voitures sont à quai, après la modification des stations, notamment par la mise en service des façades de quai sur la partie non utilisée avec les trains de 6 voitures et l’extension des quais à Saint Lazare, puisque seuls 90 mètres avaient été équipés à la construction de la station.

Donc pour l'essai de transportparis - et les photos - que vous attendez tous, il faudra donc être patient... En attendant, notre dossier sur le MP14.

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