04 octobre 2017

Information voyageurs : du mieux dans le Francilien

Continuons avec notre série d'observations sur les réseaux franciliens, et embrarquons justement à bord du Francilien : depuis le début de l'été, l'information sur les écrans des plateformes a évolué... en mieux. Depuis 2009, les 4 petits écrans sur fond bleu donnaient destination, prochain arrêt et desserte du parcours, mais la taille faible, sinon microscopique, de certaines informations n'en facilitait pas la lecture.

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Première version des écrans de desserte à bord du Francilien. Tout sur la même séquence, répartie sur les 4 écrans. © J.J. Socrate

La nouvelle version essaie de s'affranchir du handicap de ces 4 petits écrans (aujourd'hui, on ferait certainement mieux) et le résultat est appréciable au regard de l'amélioration de la lisibilité : l'information est désormais lisible depuis l'ensemble des places assises.

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La nouvelle version des écrans avec la destination sur fond noir, le prochain arrêt sur fond blanc et, nouveauté, un thermomètre de ligne qui gagnerait à mieux figurer le prochain arrêt (ici, c'est Nanterre Université et ça ne saute pas aux yeux). © J.J. Socrate

Cela dit, l'information voyageurs serait encore plus lisible si elle était affichée sur les écrans des "coins" de salle, qui diffusent de la communication institutionnelle de la Région et de la SNCF, d'une utilité toute relative...

Reste à revoir l'ambiance sonore : a-t-on vraiment besoin d'annoncer l'ouverture des portes par un signal strident, qui a tendance à perdre - et agacer - le voyageur surtout quand il alterne avec le signal d'annonce de la fermeture, lorsque justement la fermeture des portes devient difficile compte tenu de l'affluence ?

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T9 : financement des premiers travaux

Autre projet de tramway concerné par le dernier conseil d'administration d'Ile de France Mobilités, T9 : le coût du projet accoste à 402,3 M€ et une première convention de 100 M€ a été signée avec les financeurs (Etat, Région, Val de Marne, Ville de Paris et intercommunalités), permettant d'engager les travaux d'infrastructure et de tenir l'objectif d'une mise en service fin 2020.

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T1 : les extensions Est et Ouest progressent

A l'ouest : cap sur Colombes

Alors que les travaux de prolongement sur 900 m entre Gennevilliers Les Courtilles et Asnières Quatre Routes ont débuté cet été, le conseil d'administration d'Ile de France Mobilités a validé le financement des travaux préalables pour 10,9 M€ sur la section entre Asnières Quatre Routes et Colombes Quatre Chemins (attention à ne pas vous perdre). L'objectif de mise en service est confirmé en 2023 en insistant sur la desserte du stade Yves du Manoir pour les Jeux Olympiques de 2024. On aurait aimé avoir aussi la desserte de la gare et du centre de Colombes pour agir réellement sur la surcharge des lignes de bus du secteur, en particulier les lignes 304 et 378.

Cette section sera exploitée de façon autonome, entre Gennevilliers Les Courtilles et Colombes Quatre Chemins en attendant le prolongement ultérieur à Rueil-Malmaison via Nanterre.

En revanche, la mauvaise nouvelle est l'augmentation sensible du coût passant de 197 M€ à 245 M€.

A l'est : le déblocage final ?

Pour la section Noisy le Sec - Val de Fontenay, la convention de 7 M€ approuvée apparait bien modeste au regard de la globalité du projet, mais c'est tout de même la première signée entre l'Etat, la Région et le Département après 14 ans de palabres avec la ville de Noisy le Sec. Un pas de plus a donc été franchi pour engager la réalisation du tramway sur le tracé adopté, avec deux voies sur la rue Jean Jaurès et une section en trafic banalisé avec le reste de la circulation. Reste que le communiqué de presse n'évoque aucune date de mise en service, qu'on peut envisager en 2023 sauf à ce que le différend avec la ville de Noisy le Sec ne reprenne...

Cette section sera également exploitée de façon autonome entre Bobigny Pablo Picasso et Val de Fontenay, limitant la ligne T1 existante à une liaison Gennevilliers - Bobigny plus courte et donc mieux exploitable... surtout avec une vraie priorité aux carrefours et avec un nouveau matériel roulant d'autre part.

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03 octobre 2017

Information voyageurs : chacun chez soi, suite

Dans notre précédent billet sur l'information voyageurs, nous avions pointé le caractère ubuesque d'écrans SNCF indiquant les prochains RER A... mais seulement ceux des branches Cergy et Poissy.

Histoire de préserver les équilibres et les susceptibilités entre les deux grands opérateurs franciliens, intéressons-nous aujourd'hui à la RATP et ses écrans baptisés Image, qui donnent en un coup d'oeil l'état du trafic sur le réseau. Tout le réseau ? Non !

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Ecran Image au petit matin : ça roule encore correctement... ou presque ! © J.J. Socrate

 

Sur l'apparence, rien à dire, c'est simple, clair et lisible, dans le plus pur style de la charte graphique de la RATP. Néanmoins, il est tout de même étonnant que la RATP sélectionne les lignes exploitées par la SNCF qu'elle fait apparaitre : rien à dire concernant les lignes A et B, puisqu'elle est directement partie prenante. Mais pourquoi limiter le réseau SNCF aux seules lignes C, D et E ? Pourquoi ne pas afficher le reste du réseau Transilien ? Certes, l'écran indique les lignes de RER, mais puisqu'il donne des informations sur des lignes exploitées par la SNCF, autant toutes les indiquer !

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528 : une nouvelle ligne provisoire dans Paris

Depuis lundi 2 octobre, la nouvelle ligne 528 Gare Saint Lazare - Porte de Clichy renforce la desserte du quartier des Batignolles. Tracée par la rue de Rome, la rue Cardinet et l'avenue de Clichy, elle accompagne l'évolution de ce quartier, où vient notamment de s'installer la police judiciaire.

L'indice 528 n'est pas anodin : les indices en 500 caractérisent les services urbains spécifiques et les navettes provisoires. Par exemple, la ligne 512 assure provisoirement la liaison entre l'actuel terminus de la ligne 12 du métro à la station Front Populaire et son futur terminus (qui prend du retard) de la mairie d'Aubervilliers.

La ligne 528 préfigure la future réorganisation de la ligne 28 dans le Grand Paris des Bus préparé par le STIF, la ville de Paris et la RATP : reliant actuellement la gare Saint Lazare à la porte d'Orléans, elle sera ripée vers le nord pour assurer la liaison Gare Montparnasse - Porte de Clichy.

Elle circule du lundi au samedi, avec un bus toutes les 6 à 8 minutes en semaine, toutes les 15 minutes le samedi matin et toutes les 8 minutes le samedi après-midi.

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23 septembre 2017

Information voyageurs : toujours chacun chez soi ?

Cela fait tant d'années que l'information voyageurs est censée être au coeur des préoccupations de la RATP, de la SNCF et du STIF qu'on peut penser que le message finit par passer et que les bonnes pratiques sont entrées dans toutes les têtes. Eh bien non ! Pas dans toutes : le syndrome du petit village gaulois a encore frappé !

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Paris Gare de Lyon - 23 septembre 2017 - Cergy, Poissy, Marne la Vallée... mais il en manque ? Où sont les trains pour St Germain et Boissy ? Ah oui pardon, c'est écrit dessus, c'est un écran SNCF donc les trains de la RATP, on s'en tape ! J.J. Socrate

Cette photo - sans trucage - montre que le règne du chacun chez soi est encore de mise. Nous sommes à la gare de Lyon, dans le hall 2. La SNCF a eu la bonne idée d'installer un écran donnant les prochains départs du RER A. Très bien... mais voilà, l'intention tombe à l'eau et sombre dans le ridicule.

Explications :

  • d'abord pourquoi le RER A seulement ? Et le RER D ?
  • regardez bien les destinations affichées : on vous a dit, c'est une photo sans trucage !

En 2017, on en est encore là ! La SNCF affiche en gare de Lyon les prochains départs des RER A... mais pas tous ! N'apparaissent que les trains liées aux branches qu'elle exploite c'est à dire les relations de Cergy et Poissy vers Marne la Vallée. Pas une information sur les trains des branches de St Germain en Laye et de Boissy St Léger : pensez donc, "c'est chez les autres !". Situation d'autant plus ubuesque que la branche Marne la Vallée est bien en territoire RATP.

Si on veut accueillir les Jeux Olympiques en 2024, nos deux opérateurs franciliens ont encore des progrès à accomplir !

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20 septembre 2017

Grand Paris Express : vers un grand dérapage ?

Juste après la confirmation de l'annonce de l'attribution à Paris des Jeux Olympiques de 2024, Le Monde et Mobilettre ont révélé chacun leur tour les dérives calendaires et budgétaires du Grand Paris Express.

D'abord, difficile d'y retrouver ses petits. Donc, sur le périmètre de projet qui avait été chiffré en 2010 à 22 MM€, le coût du projet est passé à 26,6 MM€ en 2012 puis à 28,1 MM€ en intégrant une partie des connexions aux réseaux existants. Il atteint désormais 35 MM€ et cela pourrait encore augmenter. Certaines estimations prévoient un coût au km de tunnel atteignant 200 M€ sur certaines sections, 25% de plus que le coût moyen habituel. Les 72 gares sont vue pour l'instant sous un angle essentiellement architectural, ce qui inquiète la Région devant le risque d'explosion des coûts. Le diable est aussi dans les détails : le changement d'implantation du site de maintenance du matériel roulant et des infrastructures sur la ligne 15 Est, à Rosny sous Bois, représente un surcoût de 150M€ qui n'a fait l'objet d'aucune évaluation socio-économique. Mais il fallait faire plaisir au maire.

Concernant le calendrier, aucune certitude réelle sur la tenue des objectifs, et les premiers chantiers sont déjà clairement incapables de tenir les échéances. On ne sait réellement dire quand la ligne 14 sera prolongée à Saint Ouen. Quant à la ligne 15, l'échéance de 2022 semble s'éloigner. En réunion interministérielle début août, un décalage de la réalisation de 2 à 6 ans selon les sections a été évoquée, d'après Mobilettre.

Il apparaît que la Société du Grand Paris, maître d'ouvrage du projet, est insuffisamment encadrée par l'Etat, dont les gouvernements sucessifs ont passé plus de temps à savoir qui était responsable du dossier qu'à assurer le pilotage politico-économique du projet. Dans l'actuelle équipe, personne n'est réellement en charge du Grand Paris.

Résultat, encore la non-maîtrise du calendrier et la dérive phénoménale des coûts, il est à peu près assuré que la gouvernance du projet va être remise en cause d'une part, et que son contenu devra évolué. Or, la démarche menée jusqu'à présent a consisté à foisonner les chantiers sur l'ensemble du réseau afin de rendre chaque opération irréversible. Annoncer les mauvaises nouvelles (ou plutôt cesser les professions de foi lyriques) ne sera donc pas évident. En ligne de mire, les lignes 17 et 18 sont les premières visées par Matignon.

Finalement, la situation semble se rapprocher de ce qui avait été esquissé voici 5 ans par l'ancien dirigeant de la RATP, Pascal Auzannet, qui avait été chargé d'une mission d'expertise : il avait proposé de réduire la voilure et de revoir notamment le mode de transport retenu pour les lignes 16, 17 et 18 dont les prévisions de trafic étaient surestimées et ne justifiaient donc pas le choix d'un mode lourd comme le métro.

Le tout sans avoir encore connaissance du coût d'acquisition du matériel roulant, ni même du coût réel d'exploitation du réseau...

La saga du Grand Paris continue : le 23 octobre aura lieu une conférence territoriale dédiée aux enjeux franciliens. Nul doute que la situation du "super-métro" sera évoquée.

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13 septembre 2017

JO 2024 : c'est pour Paris

C'est fait : Paris organisera les Jeux Olympiques de 2024, 100 ans après la dernière olympiade dans la capitale. Les Invalides, le Champ de Mars, le Trocadéro, la Seine, le Parc des Princes, le Grand Palais, le Stade de France, le château de Versailles : autant de lieux prestigieux que la candidature parisienne a mis en avant pour effacer l'échec de 2012. Le Village Olympique sera construit à Saint Denis et aura vocation - du moins c'est ce qu'on dit toujours - à devenir un nouveau quartier d'habitat pérenne.

Autre élément mis en avant, les projets de transports en commun, à commencer par le Grand Paris Express qui se retrouve légitimé par ces olympiades, mais aussi EOLE, quoique le financement et le plan de transport ne soient toujours pas stabilisés alors que les travaux sont en cours.

Les JO constituent donc un puissant coup d'accélérateur, contraignant ces projets à réussir en temps et en heures : sauront-ils relever le défi ?

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04 septembre 2017

Saint Denis : concertation pour réaménager la gare

Chaque jour, 900 trains, 90 000 voyageurs utilisent le pôle d'échanges centré sur la gare de Saint Denis, ce qui en fait la 5ème gare d'Ile de France.

Desservie par le RER D, la ligne H du réseau Transilien, les tramways T1 et T8 ainsi que 3 lignes d'autobus (170, 254 et 274), elle est donc un des pôles d'échanges les plus importants de la petite couronne.

Ce pôle d'échanges souffre de multiples maux : d'abord l'exiguïté du site, coincé entre la Seine et le canal Saint Denis, avec un morcellement des lignes de transport en commun, à laquelle s'ajoute l'exiguïté intrinsèque de la gare dont les couloirs d'accès aux quais sont ridiculement étroits. Ensuite, la gare regarde essentiellement vers l'est, vers le centre de Saint Denis, alors que son flanc ouest connait un développement urbain considérable par le reconversion de friches et la démolition d'immeubles vétustes.

La prévision de trafic envisage 150 000 utilisateurs quotidiens à horizon 2030, renforçant la nécessité d'un projet de transformation de grande ampleur.

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En gare, un deuxième passage souterrain sera percé, afin de desservir l'ensemble des quais. L'accessibilité sera améliorée avec le rehaussement à 920 mm des quais des lignes D et H et l'installation d'ascenseurs.

Le parvis Est sera réaménagé, mais sans pouvoir rapprocher le terminus de la ligne 170, et un nouveau parvis Ouest sera créé dans le cadre du projet urbain, accueillant le terminus des lignes 254 et 274.

En revanche, le projet intègre le déplacement de la station du T1, prévu dans la modernisation de cette ligne, qui migrera à l'ouest du faisceau ferroviaire. Elle sera évidemment mieux dimensionné que le "confetti" actuel trahissant une conception pessimiste du succès du tramway en Ile de France... mais éloignera considérablement T1 de T8.

Hors déplacement de la station du T1, le coût du projet atteint 65 M€ auxquels s'ajoutent 56 M€ pour la mise en accessibilité. La concertation débutera le 11 septembre prochain jusqu'au 6 octobre.

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31 août 2017

Désaturer T2 : quels possibles ?

Quand on parle de saturation des transports en commun en Ile de France, on pense d'abord au RER A et à la ligne 13 du métro, tout simplement par leur forte médiatisation. Mais d'autres axes connaissent des difficultés similaires. Un peu moins en lumière, ils subissent les conséquences d'un sous-dimensionnement originel, d'un succès largement au-dessus des prévisions et de modalités d'exploitation insuffisantes.

On évoque souvent le succès du tramway T2, mis en service voici 20 ans entre La Défense et Issy Val de Seine, transformant une anonyme desserte ferroviaire en une ligne appréciée pour sa rapidité et sa commodité. Néanmoins, avec près de 200 000 voyageurs par jour, T2 souffre d'une véritable crise de saturation incarnée par ces rames bondées et cette masse compacte de voyageurs sur le quai de la station de La Défense.

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Suresnes - Les Coteaux - 15 septembre 2015 - T2 et son classique arrière-plan sur les tours de La Défense : un succès au-delà de toutes les prévisions et une saturation de plus en plus difficile à gérer. © transportparis

Pourtant, la ligne T2 bénéficie de conditions favorables avec un parcours de 11 km entre La Défense et Issy Val de Seine sur une emprise ferroviaire en site propre intégral et seulement 6 km en voirie. Le service est assuré à l'aide de rames Citadis 302 circulant en UM2, seul cas de tramways de grande longueur en France, et l'intervalle théorique est inférieur à 4 minutes à l'heure de pointe.

La situation est cependant critique sur une large bande de part et d'autre de La Défense : au nord les rames sont bondées dès la station Victor Basch à Colombes, tandis que le long de la Seine, l'accès aux rames devient franchement difficile dès Musée de Sèvres.

Alors quelles solutions ?

Faire fonctionner enfin la priorité aux carrefours !

On ne cesse de le répéter depuis quasiment 5 ans, mais l'une des principales tares du T2 (et en général des tramways en Ile de France) est la gestion apocalyptique de la priorité aux carrefours... à moins qu'il ne faille parler d'excellence dans l'absurdité du fonctionnement des feux. Il va sans dire que la première mesure serait donc de reprendre leur fonctionnement, la seconde étant de renvoyer à ses chères études le coupable du fonctionnement actuel, pouvant être mis au banc des accusés pour nuisances sonores, pollution accentuées et trouble au bon fonctionnement du service public.

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La Garenne Colombes - Boulevard National - 2 septembre 2017 - Exemple d'absurdité typiquement francilienne, appliquée au cas du T2. Une voie de tourne à gauche dissociée pour couper les voies du tram... mais pas de séquence de feu dissociée. Conséquence, non seulement les flux "tout droit" et "tourne à droite" ne peuvent pas passer en même temps que le tram, mais le flux "tourne à gauche" n'est pas évacué quand un tramway approche. Tout le monde est perdant... sauf celui qui veut pénaliser les transports en commun et augmenter la pollution. Combien coûterait un feu dissocié pour tourner à gauche ? Quel gain de temps pour tous les autres usagers de la voirie ? Quel gain de tranquillité pour les riverains et les piétons ? © transportparis

A long terme, l'impact de la ligne 15 sera-t-il suffisant ?

La section Pont de Sèvres - La Défense de la ligne 15 aura évidemment un impact sur T2, puisque la nouvelle ligne de métro viendra capter une partie du trafic qui se rabat aujourd'hui sur le tramway. Les stations d'Issy les Moulineaux et de Saint Cloud devraient jouer un rôle important, mais il ne faudrait pas négliger celle du Mont Valérien, qui viendra desservir un territoire ayant aujourd'hui tendance à rejoindre T2 par autobus. Mais avec une mise en service au-delà de 2025, l'échéance est lointaine et le résultat probablement insuffisant, d'autant que le territoire desservi par T2 reste particulièrement dense.

Changer le matériel roulant ?

Les couplages de Citadis 302 proposent 436 places, soit un débit horaire de 7412 places / heure / sens avec 17 passages par heure. Passer de l'UM2 à l'UM3 n'est pas envisageable car il faudrait transformer toutes les stations, une opération peu réaliste sur les sections en voirie, sans compter l'augmentation des besoins de remisage (33 rames de plus de 32 m de long, c'est 1056 m de voies de garage à créer).

Voici 10 ans, avait été étudiée la solution de rames de 65 m "monocorps" pour gagner en capacité par l'élimination des 2 cabines de conduite en position centrale. Les actuels Citadis 302 auraient été reconditionnées et affectées à T7 et T8. Blocage des élus du Val de Marne et de Seine Saint-Denis pour des questions d'image et résultat de la rame XXL peu probant sur le gain de capacité. On remarquera d'ailleurs que les tramways longs produits pour Casablanca et Rabat-Salé ne sont que des rames de 32 m monocabines assemblées têtes bêches. A Budapest, circulent des rames Siemens de 54 m et des rames CAF de 60 m, mais avec une capacité inférieure aux rames actuelles du T2.

Augmenter la fréquence ?

C'est l'hypothèse la plus régulièrement évoquée par les voyageurs. Or avec un intervalle minimal de 3 min 45, la ligne est déjà en limite de capacité. L'organisation irrationnelle des carrefours sur la section La Défense - Pont de Bezons (pas de séquence "tourne à gauche" dissociée) altère lourdement l'exploitation de la ligne, qui plus est avec une priorité aux carrefours qui n'est toujours pas réellement opérationnelle près de 5 ans après l'ouverture de cette extension.

D'autre part, le terminus de la Porte de Versailles, sans arrière-gare, constitue une forte contrainte pour l'exploitation. C'est lui qui donne le tempo. Créer une arrière-gare conduirait à reculer sous le périphérique la station, pénalisant les correspondances avec le métro ou T3. Nous avions proposé une solution alternative : un tracé en boucle, conservant la station actuelle, mais ajoutant une troisième voie parallèle au T3 pour réexpédier les rames par l'avenue de la porte d'Issy. Plus de manoeuvre donc la levée de la contrainte. Mais cette suggestion semble trop en décalage avec les pratiques un peu stéréotypée des tramways français modernes.

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Paris - Porte de Versailles - 25 août 2012 - Un des problèmes de la ligne face au besoin d'augmenter la cadence : le terminus en "manoeuvre zéro" de la Porte de Versailles. Pour y remédier, nous proposons une boucle autour du parc des expositions. Audacieux ? © transportparis

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Reste une dernière solution : l'exploitation en recouvrement sur la section La Défense - Musée de Sèvres avec 2 demi-lignes superposées à une fréquence de 3 min 45. Les rames venant de Bezons feraient terminus au Musée de Sèvres tandis que les rames venant de la porte de Versailles n'iraient pas plus loin que La Défense.

Condition : créer une troisième voie à quai à La Défense, ce qui implique de condamner la rue Carpeaux et donc de reconfigurer toutes les circulations sous la dalle de La Défense, à commencer par la gare des autobus !

Mais là encore : ce n'est pas pour demain. Conclusion, les voyageurs subiront encore pour de nombreuses années la saturation du T2.

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