15 octobre 2015

Matignon accélère CDG Express

Le Comité interministériel du Grand Paris tenu ce jeudi 14 octobre ne pouvait annoncer de mauvaises nouvelles à 6 semaines des élections régionales. Par conséquent, sans surprise, le discours du Premier Ministre fait sienne la devise de François Mitterrand : "il n'y a aucun avantage à sortir de l'ambiguité". 

Ainsi, dans le domaine des transports, Manuel Valls a annoncé le coup d'accélérateur donné à CDG Express, ce qui rejoint l'ambition française d'organiser les JO de 2024 dans la capitale et conforté les étapes franchies pour le Grand Paris Express.

Il a également mis l'accent sur la nécessaire accélération de la transformation du RER D, et annoncé que l'Etat fera des propositions au STIF pour simplifier son exploitation. Une prise de position étonnante qui n'est pas sans rappeler - dans son principe - les déclarations de Nicolas Sarkozy en 2008 sur le matériel roulant du RER A. Mais le RER D dessert Evry, ville dont Manuel Valls a été longtemps maire... et Ris-Orangis où devrait être implanté un "nouveau grand stade" pour le rugby.

L'année dernière, EOLE "était une priorité qui s'impose à tous". Cette fois-ci, pas d'emphase mais deux annonces. La première, très claire, porte sur la prochaine signature par la SGP de la convention de financement relative au système d'exploitation (NExTEO). La seconde, qui sera laissée à l'appréciation de chacun, indique que "les conditions de participation des collectivités locales - notamment Paris, les Hauts de Seine et les Yvelines - devront être clarifiées dans les prochaines semaines". 

Posté par ortferroviaire à 21:08 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


05 juin 2014

CDG Express : le vrai nouveau départ ?

Maintes fois annoncé, à peu près aussi souvent enterré, le projet de liaison directe CDG express semble une nouvelle fois reprendre son envol - mais pour combien de temps - à la faveur du lancement d'un nouveau partenariat entre Réseau Ferré de France et Aéroports de Paris pour relancer le projet, mais surtout pour reprendre les études menées depuis plus de 10 ans et boucler un financement qui devra se priver de subvention publique. Par ailleurs, la nouvelle structure devra aussi reprendre les prévisions de trafic et intégrer l'hypothèse de desserte de l'aéroport de Roissy non seulement par CDG express mais aussi par la ligne 17 du métro automatique. Une concurrence - virtuelle pour l'instant - qui risque de peser lourd.

Il faudra aussi mobiliser le financement. Initialement (sous-) évalué à 900 M€, CDG express atteint désormais 1,8 MM€ si on prend en compte l'actualisation du coût aux conditions économiques actuelles (500 M€), l'acquisition du matériel roulant et un complément d'infrastructure non identifié à l'origine (notamment pour l'exploitation pendant les travaux, la réception en gare de l'Est). Le renchérissement du coût du projet pose la question des recettes et selon RFF, il manquerait au moins 20 M€ par an pour couvrir les recettes d'exploitation. Une nouvelle taxe de 1 ou 2 € sur les billets d'avion au départ et à l'arrivée de Roissy est envisagée... mais n'enchante pas vraiment Air France.

Quant aux élus régionaux, ils sont vigilants et rappellent que les projets de modernisation de RER ne doivent pas être retardés par CDG express, qu'on annonce en 2023.

Il n'en demeure pas moins que les conditions d'accès à Roissy ne sont pas réjouissantes et que les promesses de RER B Nord+ sont très loin d'être tenues : la régularité ne s'est pas substantiellement améliorée et les temps de parcours sont nettement au-delà de ce qui était annoncé.  La mise en oeuvre d'une liaison rapide, fiable et fréquente entre Paris et Roissy reste nécessaire : l'accès à Paris Est demeure toujours son talon d'Achille, mais une reprise supposerait d'une part la faisabilité opérationnelle d'un accès à la gare du Nord, et une reprise de l'enquête publique. Deux facteurs d'un nouveau retard et d'un renchérissement mécanique du projet...

Posté par ortferroviaire à 10:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 janvier 2014

CDG Express : peut-on y croire ?

Nouvelle annonce d'une relance du projet CDG Express. Le principe de la liaison entre la gare de l'Est et l'aéroport de Roissy par les voies directes entre Paris et Villeparisis puis par une ligne nouvelle longeant la LGV d'interconnexion n'est pas remis en cause, d'autant qu'il a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique. Toutefois, la mise en service n'est pas attendue au mieux en 2023. Le coût de l'opération est estimé à 1,8 MM€. Il est envisagé de recourir à une taxe sur les billets d'avion pour le financer.

Le projet sera porté par une société commune entre RFF et Aéroports de Paris à laquelle l'Etat pourrait participer. Exploité sans subvention publique contrairement au réseau RER et Transilien, CDG Express devra équilibrer ses coûts par les recettes tarifaires, avec un billet à 24 €.

Quant au titulaire de l'exploitation, la SNCF et la RATP envisagent de monter une entreprise commune qui de plus devra probablement fournir le matériel roulant.

Posté par ortferroviaire à 14:58 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 août 2013

CDG Express : vers une solution de financement

On croit toujours le projet moribond et pourtant, il refait épisodiquement surface dans l'actualité des transports parisiens. Alors que le RER B s'apprête à changer d'époque avec la mise en service des nouvelles installations et de la nouvelle desserte "B Nord+", le projet de liaison directe entre Paris et Roissy reste au point mort.

Malmené par l'apparition du Grand Paris Express, chahuté sur son coût, le principe de la concession et l'arrivée envisagée Gare de l'Est, CDG Express pourrait donc être relancé  avec la recherche de financement placée sous l'égide des Aéroports de Paris. L'hypothèse de taxe sur les billets d'avion est envisagée. Elle rapporterait 400 M€, mais ne serait mise en place qu'après la mise en service de la liaison, pour le remboursement des emprunts. Le service serait en outre facturé 24 € afin que les recettes couvrent les charges d'exploitation. Aux origines du projet, le coût estimé du billet était de 15 €.

Les modalités techniques du projet seraient bien placées sous la maîtrise de la SNCF, de la RATP et de RFF,après l'échec des négociations dans le cadre de la concession avec Vinci. L'hypothèse d'un départ reporté Gare du Nord ne semble plus d'actualité puisqu'elle contrarierait la Déclaration d'Utilité Publique, mais pour autant, le projet reste encore dans le vague le plus complet.

Si RER B Nord+ améliorera significativement les conditions d'accès à Roissy pour les employés de l'aéroport et de la zone logistique qui l'entoure, l'accès des voyageurs aux aéroports parisiens reste toujours une faiblesse du système de transports parisiens. Désormais, l'hypothèse d'un CDG Express avant 2020 devient peu réaliste, et la desserte par le Grand Paris Express n'est pas prévu dans les premières phases, rendant sa réalisation conditionnée à la pérennité du projet dans le temps.

Posté par ortferroviaire à 16:44 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 mars 2012

CDG Express : stop ou encore ?

Il y a quelques semaines, on entendait la RATP et la SNCF prêtes à s'associer pour proposer une alternative au projet CDG Express, particulièrement mal en point depuis que le concessionnaire retenu par l'Etat, emmené par Vinci, s'est retiré. Il était alors question d'étudier une nouvelle liaison depuis la gare du Nord, mais celle-ci a dû être mise en sommeil pour deux raisons.

La première est l'impossibilité de gérer correctement une desserte supplémentaire au quart d'heure sur les voies "banlieue" 30 à 36 de la gare du Nord, accueillant les lignes de Pontoise, Valmondois, Persan, Luzarches et Crépy en Valois sans bouleverser assez profondément le fonctionnement de ces voies. La seconde est liée à la déclaration d'utilité publique du projet CDG Express qui précise bien une origine à la gare de l'Est.

Dès lors, la RATP, la SNCF et RFF ont indiqué qu'elles pourraient décider de reprendre le flambeau du projet tel que validé par la DUP. Les deux exploitants pourraient proposer une structure opérationnelle commune chargée de l'exploitation de la relation entre la gare de l'Est et l'aéroport de Roissy.

Le feuilleton continue...

Posté par ortferroviaire à 19:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 novembre 2011

CDG Express : Vinci se retire

En se retirant du projet CDG Express, Vinci devrait précipiter l'annonce de l'abandon du projet CDG Express, déjà passablement malmené par l'apparition du projet phare de l'Etat de métro de rocade du Grand Paris. Chronique d'une mort annoncée ?

Posté par ortferroviaire à 10:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

19 juin 2011

CDG Express : discussions RATP - SNCF

Serpent de mer de la décennie ferroviaire francilienne, la liaison directe entre Paris et l'aéroport de Roissy vit des heures difficiles. Porté par un groupement concessionnaire piloté par Vinci désigné pour une durée de 60 ans, celui-ci continue son exercice de conviction auprès des banques pour boucler le financement du projet. D'après le quotidien économique Les Echos, la SNCF aurait aussi refusé d'entrer au capital du projet alors qu'elle sera le tractionnaire sur le service. Qui plus est, CDG Express se retrouve en concurrence avec un autre "Express" baptisé Grand Paris... et lui aussi porté par l'Etat.

Toujours d'après ce même journal, la RATP et la SNCF auraient entamé des discussions pour étudier l'opportunité et les conditions d'une société commune qui exploiterait une liaison directe de la gare du Nord à Roissy. Certains y voient une tentative de revanche de la RATP pour compenser les choix opérés par le Grand Paris qui n'a pas retenu la proposition de la RATP d'une liaison Roissy - Orly par la ligne 14. Pour le matériel roulant, l'idée consisterait en un recyclage de MI84 libérés par l'arrivée des rames à deux niveaux sur le RER A.

L'idée d'une société commune RATP - SNCF n'est pas neuve : elle remonte aux origines du RER, qui devait être exploité par une entreprise unique composée de ces deux exploitants. On pourrait donc être tentée de se demander pourquoi se limiter à la seule liaison Gare du Nord - Roissy et ne pas réfléchir à l'ensemble des lignes A et B du RER, co-exploitées par les deux opérateurs, surtout que la liaison en question se situerait entièrement sur le domaine RFF.

Reste qu'amorcer la liaison Gare du Nord ne serait pas chose aisée étant donnée que les voies banlieue - 30 à 36 - sont déjà bien sollicitées par les lignes H et K du Transilien, et que la rénovation de MI84 ne sera guère plus facile compte tenu des difficultés rencontrées sur les MI79.

Quatrième question, plus stratégique : si la RATP et la SNCF cogitent à cette liaison, serait-ce parce que la perspective du Grand Paris Express à Roissy leur paraît trop lointaine ou trop incertaine ?

Posté par ortferroviaire à 16:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,