Enfin ! C'est donc le 31 mai prochain que la ligne 12 du métro sera prolongée à la mairie d'Aubervilliers. Une extension qui accuse elle aussi un retard considérable, puisque le projet approuvé en 2011 devait initialement être mis en service en 2017.

Particularité de cette future mise en service, l'exploitation sera assurée par un matériel quinquagénaire : la série MF67 a été introduite sur la ligne 12 en 1978, soit 6 ans après le retrait des rames d'origine du Nord-Sud : l'intérim fut assuré par des rames Spragues-Thomson d'origine CMP qui ne cessa définitivement qu'en 1980. Le record du prolongement de la ligne 8 à Créteil, en 1972 lui aussi, est donc battu : il avait été couvert avec des rames Sprague-Thomson type M4 datant de 1934. Des gamines en comparaison...

Comme pour la ligne 4 à Bagneux, il y a tout lieu de craindre que les stations soient d'une tristesse et d'une monotonie déprimante.

Le terminus Mairie d'Aubervilliers sera dans les années à venir en correspondance avec la ligne 15 du Grand Paris Express, constituant évidemment une opportunité de développement de l'usage de la ligne 12 par la connexion entre un système historique essentiellement radial et une nouvelle ligne en rocade.

Au-delà, on ne manquera pas de rappeler que l'arrière-gare du terminus Mairie d'Aubervilliers se situe au pied de la gare du RER B de La Courneuve - Aubervilliers, ce qui pourrait constituer une connexion des plus intéressantes... mais sans perdre de vue que cette gare est elle-même à environ 700 m du carrefour des Six Routes, déjà desservi par le tramway T1 et qui sera aussi desservi à terme par les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express.

Enfin, à l'autre bout de la ligne, des études de faisabilité ont été financées en 2020 pour examiner à grands traits d'abord une autre connexion de la ligne 12 à la ligne 15, et au RER C, à la gare d'Issy, puis une desserte de Meudon, rejoignant T2. Cette connexion serait probablement intéressante, mais un peu à l'écart de l'urbanisation, au pied de la colline. Si une issue favorable était donnée, il est possible que soit examiné un phasage pour d'abord desservir la gare d'Issy. 

De toute façon, il semble que les nouveaux projets seront rares compte tenu de la nécessité de purger nombre d'opérations existant depuis des décennies, toujours pas achevées et dont le coût a fortement dérivé, sans compter naturellement sur l'achèvement du Grand Paris Express et du RER E qui tiennent le haut du pavé.