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transportparis - Le webmagazine des transports parisiens
7 avril 2021

Pistes cyclables sur ex-couloirs de bus : encore...

Situation intéressante sur le boulevard des Invalides à hauteur du carrefour de la rue de Sèvres.

Les aménagements débordent sur le boulevard des Invalides et ont entrainé le report de l'arrêt Duroc pour les lignes 82, 86 et 92 (pour les directions Luxembourg, Saint Mandé et Porte d'Orléans). Alors que les voyageurs pouvaient profiter d'une correspondance immédiate avec le métro, l'arrêt a été reporté d'une cinquantaine de mètres en amont de l'avenue Daniel Lesueur dans une configuration provisoire (mais on sait qu'à Paris, cela peut durer...). Les voyageurs perdent en commodité puisqu'il faut traverser la rue Duroc afin d'accéder à un arrêt sommairement aménagé, repéré par un simple potelet provisoire : fini le banc, l'abri et les informations élémentaires (temps d'attente, plan de quartier, plan de lignes). Signalons aussi que cet arrêt dessert l'Institut National des Jeunes Aveugles et que ces modifications à l'aune du seul intérêt des cyclistes constituent une difficulté supplémentaires pour les aveugles. L'arrêt des lignes 28, 70 et 89 sur la rue de Sèvres implique déjà pour les voyageurs de franchir la piste cyclable (assurément très facile pour un non-voyant) et on peut supposer qu'un aménagement identique est imaginé à court terme sur le boulevard des Invalides.

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Paris - Boulevard des Invalides - 4 avril 2021 - Encore un couloir de bus et des usagers des transports en commun pénalisés par des aménagements conçus pour le seul intérêt du transport individuel à vélo. L'arrêt provisoire doit être particulièrement incommode pour les non-voyants entre les arbres, les potelets, le candélabre d'éclairage et un revêtement à la va-vite, en rien comparable avec la situation de l'arrêt initial... © Th. Assa

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Sur la rue de Sèvres, une piste cyclable à double sens a été aménagée sur l'une des deux voies de circulation générale du sens nord-sud, avec un contresens pour les autobus (ainsi que les taxis et les véhicules d'intervention) dans le sens sud-nord. Heureusement, le couloir à contresens a été préservé (il est aussi très utilisé par les taxis et les véhicules sanitaires).

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Paris - Rue de Sèvres - 6 avril 2021 - Le couloir à contresens a été préservé mais sa largeur a été réduite au minimum. Notez le vélo dessiné au sol... alors qu'à gauche du cliché, on voit la piste cyclable à double sens (toujours aussi esthétique...). Les quilles à hauteur de l'arrêt doivent être assurément très commodes pour les aveugles nombreux dans le secteur du fait du voisinage d'un institut spécialisé. La liaison entre le trottoir et l'autobus (ou l'inverse) doit être assurément très pratique pour un voyageur non-voyant. © transportparis

Pourquoi un tel aménagement ? La piste cyclable de la rue de Sèvres se prolonge sur le boulevard des Invalides. Pour éviter le franchissement du carrefour, elle bifurque à 90 degrés dans l'ancien couloir d'autobus pour ensuite traverser en diagonale la chaussée afin de rejoindre la contre-allée est du boulevard des Invalides. Assurément un aménagement qui nuit au service des transports en commun... et dont on peut être circonspect sur l'attrait pour les cyclistes. On ajoutera évidemment la cortège de blocs de béton, recouverts d'affiches diverses et de tags, de feux provisoires raccordés par des fils suspendus, contribuant assurément à l'embellissement de la perspective sur le dôme des Invalides !

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Paris - Boulevard des Invalides - 6 juin 2020 - Cet Urbanway hybride de la ligne 82 quitte le couloir en question. Le carrefour n'avait pas encore été doté de ses aménagements cyclables temporaires et de sa cohorte de blocs de béton, quilles de plastique et feux provisoires.

Pour les autobus, il en résulte :

  • sur la rue de Sèvres, une circulation plus difficile dans le sens nord-sud pour le trio 28, 70, 89 puisqu'une voie de circulation a disparu, sans compter un dimensionnement au plus juste des voies de circulation, imposant aux autobus une allure très prudente quand ils se croisent (on espère que la RATP a fait un stock de rétroviseurs dans ses dépôts) ;
  • sur le boulevard des Invalides, la suppression du couloir pour les autobus sur une cinquantaine de mètres en amont d'un carrefour assez fréquenté est une absurdité sans nom puisque c'est précisément à l'approche des intersections que ces aménagements profitent le plus aux transports en commun pour remonter la file de trafic. Les lignes 82, 86 et 92 sont reportées dans le trafic général, créant une difficulté ponctuelle mais réelle. Il faut aussi ajouter que les arrêts Duroc et Oudinot, déjà assez proches l'un de l'autre, sont désormais espacés de 170 mètres seulement, ce qui altère encore un peu plus l'évolution des bus.

Bref, encore une fois, un retour à la raison s'impose. Les services de l'Etat, dans un premier bilan sur la période mai-octobre 2020, tout en pointant des améliorations réelles, nuancent leur conclusion en appelant à trouver d'autres solutions que la suppression de couloirs de bus au profit des vélos, rejoignant ainsi la position de l'UTP. Une amorce d'inflexion ?

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Commentaires
P
Presque 2 ans après, la situation à Duroc est... exactement la même, les plots jaunes en moins. Bien sûr, ce n'était qu'un aménagement "provisoire" (sic).
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C
La situation des pistes cyclables n'est pas sans rappeler les principes qui prévalaient jadis lorsqu'il était de bon ton de réduire la place des transports collectifs au bénéfice des transports individuels ... Concrètement, dès qu'il y a des automobiles ou des bicyclettes dans un couloir "réservé" aux transports en commun la vitesse commerciale des autobus tend à réduire du fait même de la confusion des genres. Les tramways y échappent encore de fait (on n'a pas inventé la piste cyclable sur gazon, du moins pas encore ...) Il faut savoir ce que l'on veut : donner la priorité aux transports collectifs qui permettent d'éviter l'asphyxie de la cité ? Laisser le transport individuel encombrer les chaussée ? Quant au piéton, il n'entre plus en ligne de compte, à certains endroits de la capitale, la surface qui lui est laissée diminue doucement mais sûrement.<br /> <br /> Que des aménagements permettant aux utilisateurs des cycles soient mis en place, dont acte. Ce ne sera pas la première fois et ça existe depuis longtemps ici ou ailleurs. Encore faudrait-il le faire avec un plan d'ensemble tenant compte de la voirie locale et non en plantant des plots, des angles droits, des coupures de couloirs de bus ou autres âneries. Tout le monde y perd, les cyclistes aussi qui sont, du reste et pour la plupart, des automobilistes, des piétons et des usagers des transports collectifs. Mais il y a une hiérarchie à respecter : transports collectifs et piétons en premier lieu ; circulation individuelle en second lieu. A faire ce qui est est fait à Paris et dans les communes périphériques, sans rime ni raison, chacun ayant sa propre façon ou ses propres dogmes mais avec un bel ensemble prenant sur les facilités difficilement acquises en cinquante ans en faveur des transports en commun est inepte. Personne n'y gagne, l'anarchie de la circulation en revanche, se développe joyeusement. Il faudra tôt ou tard refaire le chemin inverse et ce ne sera pas simple.
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L
J'ai envie d'écrire avec amertume que les couloirs de bus sont voués à disparaître sous cette mandature.<br /> <br /> <br /> <br /> Le pire, c'est que la municipalité ne l'assume pas. C'est quand même incroyable de supprimer ces voies de bus prioritaires, également utile pour les secours.<br /> <br /> <br /> <br /> On peut remercier David Belliard, un provincial monté a la capitale qui ne connait pas Paris, et qui s'amenage des pistes cyclables sur-mesure pour que lui et ses amis puissent y rouler à fond en VAE...<br /> <br /> <br /> <br /> La gestion des pistes cyclables par cette majorité est pathétique et grotesque.<br /> <br /> <br /> <br /> #saccageparis
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D
Si je comprends bien la pandémie a été une aubaine pour donner une accélération foudroyante à une politique donnant la priorité au vélo. On peut se demander pourquoi, sinon que l'on a sauté sur l'occasion de que certains ont eu peur de la contagion dans les transports en commun.<br /> <br /> Qu'est ce qui justifie que l'on continue aujourd'hui dans la précipitation ?<br /> <br /> Il serait temps de revenir à une politique plus raisonnable et raisonnée de complémentarité entre les différents modes de déplacement.
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T
et pistes cyclables sur ex voies ferrées....<br /> <br /> <br /> <br /> En Allemagne et en Suisse c'est vélo+train/bus pas vélo ou train/bus.....
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R
Pour rappel : la critique développée sur ce site ne date pas de la crise du covid-19 et de la réalisation de "coronapistes" mais remonte à plusieurs années. En guise de facteurs déclenchants :<br /> <br /> - suppression du contresens bus rue Lafayette entre le boulevard Magenta et la rue de Châteaudun au profit d'une piste cyclable<br /> <br /> - préférence pour une piste cyclable sur la rue de la Pépinière entre Saint Augustin et la cour de Rome alors qu'un contresens bus aurait été d'une grande utilité pour simplifier les itinéraires et améliorer les temps de parcours<br /> <br /> - quais rive gauche : piste cyclable dans l'ancien couloir de bus protégé ponctuellement remplacé par un couloir non protégé<br /> <br /> - rue de Rivoli : réaménagement maintenant la dissociation des itinéraires bus Rivoli / Quais alors qu'une solution Bus sur Rivoli et Vélos sur les quais aurait été possible<br /> <br /> - même chose sur Sébastopol (avec vélos sur Saint Martin - Beaubourg - Renard)<br /> <br /> <br /> <br /> Concernant la banlieue, nous avons déjà illustré plusieurs exemples mais ne pouvons prétendre à l'exhaustivité. Mais nous avons illustré plusieurs cas, à Nanterre, à Chaville, à Versailles... Justement, viser l'exhaustivité aurait un côté monomaniaque...
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B
Un des problèmes de sécurité reste le stationnement des véhicules aux angles des carrefours, les automobilistes tournant à droite ne voyant pas les cyclistes arrivant sur la piste et filant tout droit. Il faut d'urgence interdire le stationnement sur au moins 10 mètres à chaque carrefour disposant d'une piste cyclable, et à l'avenir interdire le stationnement latéral quand il y a une voie cyclable à contre sens.
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S
Sans oublier la dangerosité de certaines pistes cyclables : à Paris, je suis utilisateur du vélo et non du bus, et j'ai pourtant de gros doutes sur les aménagements. L'une des pires pistes cyclables est probablement celle de la rue de Vaugirard, j'ai failli avoir deux accidents à la suite, en roulant dans le sens normal. La première fois, je me suis dit que l'automobiliste était imprudent. La seconde, je me suis dit que ça devait être moi. En réfléchissant un peu, constater que c'est lié à l'implantation de la piste cyclable, à gauche de la voie voiture.<br /> <br /> Comme cycliste, je passe au vert et regarde devant moi : c'est libre, je passe à environ 20 km/h. Les voitures arrivent vers 30 km/h et tournent… et il n'y a pas le réflexe de regarder à gauche quand l'on tourne en voiture (on se dit que le clignotant suffit). Résultat, comme cycliste, devoir piler/tourner brutalement pour éviter la voiture, donc un risque d'accident élevé, sans imprudence de ma part (je ne pense pas que vérifier derrière soi soit une idée brillante, surtout qu'à un carrefour regarder devant soi est utile). Concevoir une piste cyclable sans penser aux réactions des automobilistes, c'est idiot, et dangereux pour les cyclistes.<br /> <br /> <br /> <br /> Après, un bon point pour la mairie de Paris, en seulement 15 ans, ils ont su améliorer la piste des maréchaux sud en rendant possible un passage en ligne droite et non avec quatre angles droits en 20m pour les intersections avec les routes secondaires. Peut-être qu'ils ont mis un cycliste dans l'équipe, ou pris une fois leur piste en vélo. <br /> <br /> Le prolongement de la piste le long de la voie des maréchaux nord est pas mal, ils ont évité les angles brusques à 45°, qui cassaient la vitesse à 15 km/h tous les 300m.<br /> <br /> <br /> <br /> Les couloirs mixtes avec les bus ne sont pas gênant quand le cycliste est en forme : le bus a, hors covid, une moyenne vers 11-12 km/h, un vélib a une moyenne vers 14-18 km/h, donc pas de dépassement du cycliste par le bus. En période covid, les bus ont des vitesses élevées (vers 17-20 km/h à vue), vu qu'il n'y a ni voiture ni passagers, donc supérieure à la vitesse de nombreux cyclistes.
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E
Les pistes et plots sont jaunes parce qu’elles sont provisoires, et que le jaune est la couleur règlementaire du provisoire. C’est le cas partout en région parisienne et en France pour les pistes cyclables provisoires du déconfinement.<br /> <br /> <br /> <br /> Les blocs béton et les feux provisoires raccordés par des fils sont là parce qu’ils sont provisoires. Le quai bus est fait en béton sans banc ni abribus parce qu’il est provisoire. C’est le cas partout en région parisienne et en France pour les collectivités qui ont fait un travail sérieux pour les pistes cyclables provisoires du déconfinement. L’alternative aurait été de se contenter de plots qui n’auraient pas tenus, de ne pas créer d’arrêt de bus provisoire avec des bus qui cisaillent mortellement la trajectoire des vélos, avec des pistes cyclables qui dysfonctionnent assez largement et finissent par dissuader les usagers, comme on le voit dans les collectivités qui ont fait des aménagements moins sophistiqués.<br /> <br /> <br /> <br /> La piste traverse à cet endroit parce que la contre-allée s’arrête à cet endroit, et qu’il fallait trouver une solution pour assurer la continuité, dans un intervalle de quelques semaines, sans possibilité de refaire l’intégralité du carrefour. L’alternative aurait été de revenir à la bonne vieille méthode du « démerdez-vous dans le carrefour parce que j’ai aucune idée de comment vous faire une place », qui a caractérisé les grandes années de quand on traitait le vélo par-dessus la jambe, et dont on connait la spectaculaire efficacité s’agissant de pousser des gens à se déplacer à vélo.<br /> <br /> <br /> <br /> Ce blog n’a jamais été aussi pénible à lire que depuis qu’il a décidé de faire du bashing des pistes cyclables parisiennes (et quasi exclusivement parisiennes, celles de banlieue étant très peu attaquées) sa nouvelle ligne éditoriale.
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T
Se plaindre de l'esthétique est assez curieux : si ça avait été réalisé immédiatement "en dur", ça oui ça aurait été esthétique, mais le billet de blog eût été bien différent.<br /> <br /> La pérennisation devrait permettre de mener des travaux bien plus lourds, en modifiant en profondeur le carrefour Invalides/Sèvres. Et éviter cette incongrue traversée déportée à hauteur de l'avenue Lesueur.<br /> <br /> <br /> <br /> Par contre on peut observer sur les photos assez facilement qu'il y a bien eu un couloir de bus peint en substitution...mais supprimé depuis. Pourquoi donc ?
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C
Je suis cycliste et utilisateur du bus et je dois avouer que je ne comprends pas ces aménagements. On peut aussi parler de la rue vercingetorix ou la rue de froideveaux qui ont désormais des pistes cyclables démesurées. Je ne parle même pas de la rue de Rivoli qui est devenue interdite aux voitures.. Dans 90% des cas, les bus et les vélos peuvent coexister dans la même voie. Il n'y a vraiment que sur les axes avec beaucoup de trafic (et ce n'est pas le cas des Invalides ou de la rue de Sèvres) que cela pose problème.<br /> <br /> Ce qui est frappant aussi c'est que les non cyclistes ne voient pas à quel point ces aménagements sont faits en dépit du bon sens par des gens qui ne font pas de vélo : pistes interrompues, passages dangeureux... Les arrondissements de l'ouest parisien se caractérisent par une absence assez systèmatiques d'aménégamenents. Dans le 16ème c'est bien simple il n'y en a presque pas.
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B
1. La Ville de Paris a la compétence pour aménager, mais pas la compétence transports, donc les choix sont biaisés <br /> <br /> 2. La politique à court terme va dans le sens du vélo, donc on fait de la politique à court terme orientée vélo, si nécessaire au détriment du reste (d'autant plus qu'elle n'est pas sous compétence de la Ville !)(d'autres villes sont malheureusement dans le même cas)<br /> <br /> 3. Comme on fait de la politique, on ne cherche pas à faire des aménagements lisibles ou cohérents : c'est le cas sur le boulevard des Invalides ou la rue de Sèvres, mais quid de la rue de Bercy au niveau de la maison de la RATP où la piste monte sur le trottoir sur une cinquantaine de mètres pour éviter une zone en bordure de trottoir souvent occupée par des camions de... livraison de voitures !!!<br /> <br /> 4. Accessoirement, les correspondances bus / métro n'ont jamais été bien prises en compte (distance, jalonnement, cohérence dans les nom des stations et arrêts)
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