Après le rejet des recours par le Conseil d'Etat, il n'y a plus d'obstacle à la désignation du lauréat de CDG Express, du moins en principe. Il a tout de même fallu que la ministre des Transports se déporte du dossier pour éviter tout risque de conflit d'intérêt : ancienne présidente de la RATP et par le passé directrice de la stratégie de la SNCF, son impartialité aurait pu être mise en cause. C'est donc au ministre de la Transition écologique d'arbitrer.

Deux groupements sont donc face à face : RATP-Dev, avec Keolis et Alstom d'une part ; Transdev, avec le groupe financier Demeter et Stadler. Premier enseignement : Bombardier est hors course. Comprendre : pas de Francilien sur CDG Express.

Surprise, un second tour de piste a été organisé un peu dans la précipitation pour éclaircir certaines zones d'ombre. Ville, Rail et Transports indique notamment que l'offre de RATP Dev - Keolis - Alstom présente quelques écarts : Alstom, pousse son Régiolis et Keolis préconise une mutualisation de leur maintenance avec les rames similaires (Coradia Liner B85000) maintenues à Pantin pour l'axe Paris - Belfort - Mulhouse. Or le projet de contrat mentionne explicitement un fonctionnement autonome de CDG Express. La proposition est donc - un peu - en dehors des clous et pose accessoirement la question de la capacité à gérer la maintenance avec un cisaillement complet des voies de Paris Est, le technicentre étant au sud du faisceau et les trains de CDG Express arrivant à l'opposé, sur les voies 2 à 4 de Paris Est.

De son côté, le groupement Transdev - Demeter - Stadler intègre bien un atelier dédié, du bon côté, sur le site de la halle Pajol, et avec un matériel compatible avec les besoins de l'exploitation, sur la base du Flirt.

Bref, sur ce dossier sensible, la décision n'est pas simple car les risques de recours ne sont pas nuls... ce qui risquerait un peu plus de fragiliser le calendrier de réalisation déjà très serré d'un projet toujours aussi discuté...