Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé mercredi 6 mars dernier l'arrêté préfectoral du 21 septembre 2016 qui autorisait la création de la ZAC du Triangle de Gonesse pour la création du complexe commercial Europacity, en raison de l'insuffisance de l'étude d'impact : impact de la perte de 280 hectares de terres agricoles de qualité, imperméabilisation des sols, émissions polluantes durant la construction du site, impact des déplacements de visiteurs, consubstantialité de la ligne 17 du Grand Paris Express... L'avis du TA conforte celui de l'Autorité Environnementale et du commissaire de l'enquête d'utilité publique pour la révision du Plan Local d'Urbanisme de Gonesse. Qu'importe, le projet avait été validé, les promoteurs faisant miroiter 11500 emplois selon une méthode tout à fait traditionnelle pour forcer la main des élus locaux à bétonner un peu plus leur territoire (et après on se plaint des conséquences d'un gros orage...)

Le projet en lui-même est contesté, et contestable, ne serait-ce qu'en raison de la saturation du nord de Paris en zones commerciales qui se font concurrence entre elles et dont l'activité n'est pas toujours à la hauteur des attentes des promoteurs. Cependant, il est encore trop tôt pour considérer que le projet ne se fera pas : en la matière, l'expérience prouve que tous les - mauvais - coups sont possibles. Néanmoins, la branche du RER D a été torpillée, la ligne 17 a toujours un peu plus du plomb dans l'aile et cette décision du TA alourdit encore le dossier.

Sans virer dans le côté zadiste, il faut tout de même reconnaitre qu'il est grand temps de préserver les dernières zones agricoles autour de l'agglomération parisienne, y compris en faisant évoluer leur utilisation, nécessaire pour limiter la distance entre producteurs et consommateurs.