Maintes fois annoncé, à peu près aussi souvent enterré, le projet de liaison directe CDG express semble une nouvelle fois reprendre son envol - mais pour combien de temps - à la faveur du lancement d'un nouveau partenariat entre Réseau Ferré de France et Aéroports de Paris pour relancer le projet, mais surtout pour reprendre les études menées depuis plus de 10 ans et boucler un financement qui devra se priver de subvention publique. Par ailleurs, la nouvelle structure devra aussi reprendre les prévisions de trafic et intégrer l'hypothèse de desserte de l'aéroport de Roissy non seulement par CDG express mais aussi par la ligne 17 du métro automatique. Une concurrence - virtuelle pour l'instant - qui risque de peser lourd.

Il faudra aussi mobiliser le financement. Initialement (sous-) évalué à 900 M€, CDG express atteint désormais 1,8 MM€ si on prend en compte l'actualisation du coût aux conditions économiques actuelles (500 M€), l'acquisition du matériel roulant et un complément d'infrastructure non identifié à l'origine (notamment pour l'exploitation pendant les travaux, la réception en gare de l'Est). Le renchérissement du coût du projet pose la question des recettes et selon RFF, il manquerait au moins 20 M€ par an pour couvrir les recettes d'exploitation. Une nouvelle taxe de 1 ou 2 € sur les billets d'avion au départ et à l'arrivée de Roissy est envisagée... mais n'enchante pas vraiment Air France.

Quant aux élus régionaux, ils sont vigilants et rappellent que les projets de modernisation de RER ne doivent pas être retardés par CDG express, qu'on annonce en 2023.

Il n'en demeure pas moins que les conditions d'accès à Roissy ne sont pas réjouissantes et que les promesses de RER B Nord+ sont très loin d'être tenues : la régularité ne s'est pas substantiellement améliorée et les temps de parcours sont nettement au-delà de ce qui était annoncé.  La mise en oeuvre d'une liaison rapide, fiable et fréquente entre Paris et Roissy reste nécessaire : l'accès à Paris Est demeure toujours son talon d'Achille, mais une reprise supposerait d'une part la faisabilité opérationnelle d'un accès à la gare du Nord, et une reprise de l'enquête publique. Deux facteurs d'un nouveau retard et d'un renchérissement mécanique du projet...