C'est en quelque sorte le mot qui pourrait résumer la première "vraie" déclaration de la nouvelle ministre en charge de l'aménagement du territoire et donc de la région capitale.

En annonçant que les financements nécessaires à la réalisation simultanée de l'ensemble du projet de métro de rocade autour de Paris et à la modernisation du réseau existant ne pourraient être mobilisés à court terme, la nouvelle ministre écologiste a fait le choix d'un discours plutôt franc du collier en rappelant qu'elle a toujours privilégié la modernisation et le développement du réseau existant, et notamment les cinq lignes de RER à un projet pour lesquelles plusieurs sections avaient objectivement fait débat.

Ainsi, du projet de métro de rocade, Cécile Duflot estime que deux sections sont nécessaires à un terme relativement rapide. Il s'agit d'abord de la section sud entre le Pont de Sèvres et Noisy Champs (sur la branche Marne la Vallée du RER A), constituant la partie où le trafic de la "ligne rouge" serait le plus élevé. Ensuite, c'est une section entre Noisy Champs et Saint Denis Pleyel, par Neuilly Plaisance, Bondy et Aubervilliers qu'il conviendrait de privilégier. C'est une section de la "ligne orange", qui contrairement à la précédente, est sous la maîtrise d'ouvrage du STIF, alors que la "ligne rouge" est placée sous la responsabilité de la Société du Grand Paris.

En substance, Cécile Duflot a demandé le lancement des enquêtes d'utilité publique sur le réseau du Grand Paris et d'abord sur Pont de Sèvres - Noisy Champs, "première étape de la priorisation du projet par l'engagement solidaire et efficace du prolongement de la ligne 14, du commencement de la ligne rouge et de la perspective de la ligne orange, et d'une action urgente, sélective et performante des réseaux existants."

Evidemment, l'opposition a fait valoir qu'au temps où elle était majoritaire, tout avait été bouclé pour permettre la réalisation des 140 km de métro en simultané. En réalité, il ne faisait pas mystère que plusieurs sections étaient déjà "phasées" du fait d'un trafic très faible ne pouvant faire le poids face à une analyse socio-économique rationnelle.

Reste maintenant à passer du discours aux actes et à formaliser cette hiérarchisation qui pourrait donner un ballon d'oxygène - comprenez quelques subsides - aux projets de RER, d'autant plus justifié que les cinq lignes totalisent environ 4 millions de voyageurs quotidiens... Comme l'avait suggéré à mots à peine couverts le président de la Région, y aura-t-il fongibilité entre les recettes fiscales prélevées sur les contribuables franciliens pour le métro de rocade et les financements nécessaires pour le développement du réseau existant ?