Il y a trois ans, le président de la République avait décidé qu'il fallait des rames à deux niveaux sur le RER A, reniant la décentralisation de la gestion des transports parisiens qu'il avait lui même signée quand il occupait d'autres locaux, en face, place Beauveau. L'année suivante, la commande était notifiée, sans surprise : il s'agissait simplement de reconduire l'architecture définie en 1992 pour le projet MI2N et le mettre au goût du jour dans l'urgence. Résultat, le même groupement Alstom - Bombardier était reconduit après une procédure de mise en concurrence pour le moins limitée, ce qui permettait accessoirement à ces deux entreprises de profiter de leur position dominante pour imposer leur prix.

En début d'année, le premier exemplaire du MI09, appellation de la nouvelle série de MI2N, était présentée. Et cette fois-ci, ce 5 décembre, c'est la mise en service du premier train formé de deux éléments qui a été célébrée avec le chef de l'Etat en maître de cérémonie, reléguant les financeurs, la RATP et le STIF, aux rangs de convives.

D'ici la fin du mois, dix éléments seront mis en ligne et ensuite, c'est au rythme de deux par mois que les 60 exemplaires commandés seront livrés. A l'issue de cette livraison, les MI84 auront été retirés du RER A : insuffisamment capacitaires, leur retrait pose la question de leur réaffectation car leur durée de vie résiduelle en 2014 serait de l'ordre de 15 ans. Or hormis quelques rames qui pourraient aller sur la ligne B, aucune autre ligne n'est adaptée à ce matériel.

Il reste encore à décider la seconde tranche de 70 éléments pour remplacer à partir de 2015 les MS61 qui restent encore les rames les plus aptes à desservir cette ligne transportant un million de voyageurs par jour.